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monarchie
1. Présentation

monarchie, régime politique dans lequel l’autorité est détenue par une seule personne qui exerce le pouvoir directement ou en le déléguant, selon certaines règles institutionnelles.

Le terme s’applique aussi à l’État où est en vigueur un tel régime.

L’importance du pouvoir du monarque et ses attributions varient selon le type de monarchie.

2. La monarchie et le droit

La véritable monarchie a souvent été opposée, par ses théoriciens, à la tyrannie qui est un pouvoir de forme monarchique, mais non fondé en droit. La souveraineté du monarque doit être limitée par un ensemble normatif qui la distingue du despotisme : soit les lois de Dieu, soit des règles de justice naturelles, soit les lois fondamentales de l’État. Pour la plupart des théoriciens, la monarchie n’est donc pas seulement le gouvernement d’un seul ; elle suppose le respect de normes supérieures ou la prise en compte de l’intérêt général, du bien commun. Non seulement les attributions des monarques, mais aussi leur succession, obéissent à des normes.

La monarchie peut être élective ou héréditaire. Dans la monarchie héréditaire, le monarque est chef d’État par la naissance et pour toute la durée de sa vie. Un des principes de légitimité qui peuvent fonder la monarchie héréditaire est le droit divin, l’idée que Dieu choisit la personne du roi par la règle de succession. L’histoire et la coutume jouent aussi un grand rôle dans la légitimité des monarchies en place.

3. La monarchie féodale

Dès le Moyen Âge, le régime de gouvernement monarchique s’est répandu dans toute l’Europe, souvent par besoin d’un dirigeant fort, capable de lever et de commander des forces armées pour défendre le pays. Les monarchies féodales européennes étaient dynastiques, le trône étant généralement transmis au fils aîné ou au plus proche descendant masculin. Les souverains médiévaux se procuraient soldats et armes auprès des seigneurs féodaux, et ne se maintenaient donc au pouvoir que grâce à l’allégeance de la noblesse.

4. La monarchie absolue

Généralement, le terme s’applique surtout aux monarchies occidentales entre le XVIe et le XVIIIe siècle, en Espagne et en France notamment. Dans la monarchie absolue, le roi gouverne seul, mais doit respecter les privilèges des corps et des ordres qui composent le pays, et il doit prendre conseil. La monarchie absolue est, par essence, centralisatrice. Louis XIV, en France, en est le représentant archétypal.

Avec le déclin de la féodalité et l’essor des États-nations, le pouvoir est centralisé entre les mains des souverains. Ces dirigeants sont soutenus par une classe moyenne grandissante, ou bourgeoisie, qui tire profit d’un gouvernement central fort, capable de maintenir l’ordre et de créer une ambiance propice à l’épanouissement du commerce.

En Angleterre, puis en France, le principe d’un roi qui commande seul est ensuite remis en cause par les parlements composés de cette bourgeoisie qui n’entend plus être seulement consultée, mais qui veut gouverner.

5. La monarchie constitutionnelle

La monarchie anglaise, dès le XVIIe siècle, adoptera ce type de monarchie, et servira de modèle. La constitution doit émaner de la nation et poser les règles du gouvernement. Le parlement, et notamment la chambre des Communes qui représente la nation, incarne le droit face au monarque. Les monarchies françaises de 1790 à 1792, puis de 1815 à 1848, s’inspirent de ce principe. Dans ces formes de monarchie, tandis que le parlementarisme s’élabore progressivement, la souveraineté passe du roi à la nation.

Néanmoins, d’autres monarchies en Europe n’ont cessé d’exister qu’au lendemain de la Première Guerre mondiale, notamment celles de Russie, d’Allemagne et d’Autriche.

Certaines monarchies constitutionnelles perdurent encore, essentiellement en tant que symboles de l’unité nationale (Royaume-Uni, Pays-Bas, Norvège, Suède, Danemark et Belgique).