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| 3. | Le profit, essence du capitalisme |
Si tout échange ne se solde pas obligatoirement par un gain, donc par un profit, il est clair, en revanche, que sans échange le profit ne peut exister.
Le profit résulte de la différence entre la valeur de la production qui est vendue, donc qui est échangée, et le coût nécessaire à la création et à la valorisation de cette même production. En ce sens, intuitivement, il est possible d’assimiler le profit à des notions, économiques ou purement comptables, qui lui sont proches. Le profit peut donc se comparer au bénéfice ou à l’excédent brut d’exploitation. Il est important de comprendre le mécanisme par lequel le profit est créé. Tout bien s’échangeant sur un marché, c’est la rencontre de l’offre et de la demande qui permet d’établir le prix de vente de ce bien. La théorie économique classique enseigne que le niveau de ce prix (qualifié de prix d’équilibre) constitue la variable d’ajustement entre l’offre et la demande. Ce sont les conditions d’exploitation des facteurs de production (le capital et le travail) qui déterminent le coût de production assumé par l’entrepreneur. Dès lors que celui-ci est inférieur au prix de vente qui s’établit sur le marché, il y a gain, et donc profit. En supposant que le prix de vente ne varie pas, et que la productivité des facteurs de production augmente, réduisant ainsi le coût de production du bien, l’entrepreneur maximise son taux de profit. L’entreprise capitalistique vit de cette maximisation. Au-delà des divergences sur l’origine interne de ce profit — pour les marxistes par exemple, seul le travail est générateur de profit, c’est ce que l’on appelle la plus-value, alors que pour les économistes libéraux l’exploitation des deux facteurs de production est à l’origine d’un gain —, le processus reste identique. Dès lors, il est aisé de reprendre le postulat énoncé plus haut. Si le coût de production est supérieur à la valeur de cette production, il n’y a pas de profit, bien qu’il y ait échange. Dans le cas contraire, le profit existe. C’est donc bien de l’échange que naît le profit, dès lors qu’il existe une différence positive entre les recettes et les coûts engendrés par cet échange.
C’est la permanence de cette proposition qui définit la nature du régime de production capitaliste, et ce, quelles que soient les multiples formes du capitalisme qui se sont édifiées au cours du temps. S’il est toujours marchand, le capitalisme a d’abord été commercial — en relation avec le développement des échanges —, puis industriel et manufacturier, avant de devenir bancaire et plus largement financier.