Satie, Erik
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Satie, Erik
4. Un instigateur

Son attitude marginale vaut à Satie l'attachement de nombreux jeunes compositeurs auxquels il montre une voie plutôt que de leur imposer des limites. À l'heure des coteries d'artistes cherchant à se démarquer des académies, les membres du groupe des Six le découvrent grâce à Jean Cocteau ; quant à Henri Sauguet, Henri Cliquet-Pleyel, Maxime Jacob et Roger Desormières, ils se regroupent sous la bannière d'« École d'Arcueil », en hommage à la localité où Erik Satie a élu domicile. Son esprit libre et facétieux fascine ses contemporains, ce qu'exprime ainsi Jean Cocteau : « Satie est le contraire d'un improvisateur. On dirait que son œuvre est toute faite d'avance et qu'il la dégage note par note, méticuleusement. Satie enseigne la plus grande audace de notre époque : être simple ».

En effet, ses écrits esthétiques provocateurs, ses prises de position décalées, mais aussi ses œuvres déconcertantes, en font l'une des figures marquantes du premier quart du XXe siècle, particulièrement après le succès de scandale de son ballet Parade, donné par les Ballets russes de Serge de Diaghilev en 1917, au sujet duquel Guillaume Apollinaire emploie le terme de « surréaliste » pour la première fois. Proche des bruiteurs italiens, il utilise la machine à écrire, le klaxon ou le revolver en guise d'instruments et n'hésite pas à puiser son matériau musical dans les rengaines populaires. Sa conception elliptique de la forme lui vaut l'admiration de compositeurs contemporains comme Francis Poulenc ou John Cage.