Carolingiens, dynastie des
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Carolingiens, dynastie des
3. Le sacre de Pépin

Conscients que les Mérovingiens continuaient de bénéficier d'une certaine légitimité, Carloman et Pépin le Bref s'entendirent pour placer sur le trône Childéric III, fils de Chilpéric II. Cependant, lorsque Carloman fit part de son souhait de se consacrer à la vie religieuse, en 747, son frère Pépin le Bref, resté seul maire du palais, forma le projet de se faire élire roi. En raison de l'impopularité passée de son père, considéré par les évêques comme un spoliateur des biens d'Église, il eut l'adresse de faire légitimer le coup de force qu'il prévoyait par le pape Zacharie. En 751, enfin, il déposa le dernier Mérovingien et se fit élire roi au champ de Mai à Soissons ; l'année suivante, il se fit sacrer dans la même ville par saint Boniface, ce qui constituait une innovation d'une portée considérable. En 754, il fit renouveler la cérémonie du sacre à Saint-Denis par le pape Étienne II, qui s'était déplacé jusqu'en Gaule pour réclamer son aide face à la menace lombarde, et auquel il devait, après son expédition en Italie, donner les territoires qui furent à l'origine des États pontificaux. Cette onction consacra définitivement la légitimité de celui qui pouvait encore apparaître comme un usurpateur, faisant de lui un roi « par la grâce de dieu ».