Bénin
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Bénin
3. Population et société
1. Démographie

Le Bénin compte environ 8,08 millions d’habitants, selon les estimations officielles de 2007, avec un taux de croissance annuel de 3,4 p. 100. La densité moyenne globale est de 73 habitants au km2, elle est cependant trois fois supérieure au sud, où sont concentrés les trois quarts de la population. Seulement 46 p. 100 des habitants habitent les villes. En 2007, l’espérance de vie était de 53,4 ans.

Les Fon et les Adja, communautés très apparentées, constituent les groupes les plus importants au sud du pays. Les Baribas et les Somba sont les plus nombreux au nord du pays. Les Yoruba, qui regroupent 1/10 de la population, prédominent au sud-est. À d’autres petits groupes côtiers comme les Mina et les Pla, il convient d’ajouter les « Brésiliens », portant des noms portugais, anciens esclaves revenus du Brésil à la fin du xixe siècle.

2. Villes principales

Cotonou, capitale politique, centre d’affaires et port principal, compte davantage d’habitants (650 660 habitants en 2000, selon les estimations) que Porto-Novo, capitale administrative officielle (232 756 habitants en 2000, selon les estimations). Parakou (144 627 habitants), Abomey (55 000 habitants) et Natitingou (population estimée à 50 800 habitants en 1979) sont les autres villes importantes du Bénin.

3. Langues et religions

Le français est la langue officielle du Bénin, mais les Béninois parlent la langue de leur communauté (fon, haoussa, yoruba), celles de leurs voisins immédiats et les langues des commerçants.

Plus de la moitié de la population est animiste et pratique un vaudou marqué de fortes tendances syncrétiques avec le christianisme. Le vaudou est devenu la religion d’État au début de l’année 1996. Les chrétiens, catholiques et protestants représentent 20 p. 100 de la population et vivent surtout dans le Sud, 15 p. 100 de la population sont des musulmans, surtout dans le Nord.

4. Éducation

Le taux d’alphabétisation était de 43,2 p. 100 en 2005, seuls 22 p. 100 des enfants de douze à dix-sept ans étant scolarisés. Une dizaine de milliers d’étudiants suivent des cours d’enseignement supérieur à l’Université nationale du Bénin (fondée en 1970), à Cotonou, et dans d’autres instituts.

5. Culture

Le Bénin est l’héritier d’une double tradition artistique, celle des Fon du royaume du Dahomey et celle des Yoruba, dont l’influence marqua la culture de l’ancien royaume du Bénin (voir art d’Afrique noire).

La Bibliothèque nationale du Bénin se trouve à Porto-Novo, et le Musée national à Cotonou. La radio et la télévision émettent à partir de Cotonou. Dans ce pays que l’on appelle le « quartier latin de l’Afrique » (le boulevard Saint-Michel est la principale artère de Cotonou), la presse d’opinion a connu un essor important avec la libéralisation des années 1990 ; Daho-Express, détenu par le gouvernement, est l’un des quotidiens les plus lus avec un tirage d’environ 10 000 exemplaires. La littérature est bien représentée, notamment par des écrivains reconnus comme Olympe Bhêly-Quenum et Jean Pliya.

6. Institutions et vie politique
6.1. Historique

Au lendemain de son indépendance (1960), le Bénin connaît une période de forte instabilité politique où civils et militaires se succèdent au pouvoir. Le 26 octobre 1972, le commandant Mathieu Kérékou prend le pouvoir et instaure un régime d’orientation marxiste-léniniste à parti unique (le Parti de la révolution populaire du Bénin, PRPB), encadré par une Constitution adoptée en 1977.

À la fin des années 1980, alors que les régimes communistes d’Europe de l’Est s’effondrent, que la situation économique du Bénin ne cesse de se détériorer et que les manifestations en faveur de la démocratie se multiplient, le PRPB abandonne l’option marxiste-léniniste en 1989. L’année suivante, il convoque une Conférence nationale des forces vives de la Nation, qui se prononce pour un retour à la démocratie et au multipartisme et pour l’instauration d’un État de droit. Dès lors, le Bénin est cité en exemple comme modèle de démocratisation en Afrique. La Conférence nationale élabore une nouvelle Constitution et nomme un gouvernement intérimaire dirigé par Nicéphore Soglo, ancien haut responsable de la Banque mondiale, pour conduire le pays jusqu’aux élections. Le projet de Constitution, qui introduit le multipartisme, est largement approuvé par un référendum populaire de 1990.

Le pays s’enracine progressivement dans la démocratie, dans un contexte d’alternance politique qui voit se succéder à la présidence de la République Nicéphore Soglo (1991-1996), Mathieu Kérékou, élu en 1996, puis réélu en 2001 (dans le cadre d’élections contestées) et le candidat indépendant Yayi Boni, élu en 2006 à l’issue d’un scrutin qualifié de libre et démocratique par les observateurs internationaux.

6.2. Organisation des pouvoirs

La Constitution de 1990 instaure un régime présidentiel. Le pouvoir exécutif est exercé par le président de la République, qui est à la fois le chef de l’État et le chef du gouvernement. Le président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans, reconductible une fois. Le pouvoir législatif est entre les mains d’une Assemblée nationale composée de 83 membres élus au suffrage universel direct pour quatre ans.

Aux termes de la Constitution de 1990, « le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif. Il est exercé par la Cour suprême, les cours et tribunaux créés conformément à la Constitution ». Celle-ci instaure aussi une Cour constitutionnelle, qui est la plus haute juridiction de l’État. Garant des droits fondamentaux et des libertés publiques, cet organe tranche les conflits entre institutions et, totalement indépendant des pouvoirs exécutif et législatif, il peut être saisi par les simples citoyens.

6.3. Partis politiques

L’instauration du multipartisme s’est accompagnée de l’émergence d’une centaine de partis politiques, qui n’ont toutefois pas pour la plupart de réelle implantation. Sous la présidence de Mathieu Kérékou (1996-2006), le principal parti de la mouvance présidentielle était l’Union pour le Bénin du futur (UBF), qui dispose de 31 sièges à l’Assemblée nationale à l’issue des élections législatives de 2003. Les principaux partis d’opposition étaient la Renaissance du Bénin (RB) de Nicéphore Soglo (ancien président et maire de Cotonou), qui dispose de 15 sièges, et le Parti du renouveau démocratique (PRD) d’Adrien Houngbédji (maire de Porto-Novo), qui dispose de 11 sièges.

L’échiquier politique béninois est caractérisé par des changements d’alliances étonnants, connus sous le nom de « transhumance politique ».