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Debussy, Claude
1. Présentation

Debussy, Claude (1862-1918), compositeur français dont les innovations harmoniques et rythmiques ont bouleversé le langage musical du XXe siècle.

2. Les années de formation : une invitation au voyage

Né à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) dans une famille modeste, Claude Debussy entre au Conservatoire de Paris à l’âge de dix ans. Il étudie le piano sous la direction du pianiste et pédagogue A. F. Marmontel. C’est par son intermédiaire qu’il est présenté à la protectrice de Piotr Tchaïkovski, Nadejda von Meck.Il entre à son service comme professeur de piano de ses enfants et la suit dans ses voyages en Europe et en Russie. L’occasion lui est ainsi donnée de se familiariser avec la musique russe, notamment les symphonies de Piotr Tchaïkovski et les œuvres d’Alexandre Borodine ou de Mili Balakirev, mais plus particulièrement celles de Modest Moussorgski.

Après avoir suivi des cours de composition au Conservatoire de Paris, Claude Debussy remporte le Grand Prix de Rome en 1884 avec sa cantate l’Enfant prodigue, partition qui s’inscrit dans la continuité de la tradition romantique française (voir romantisme). Son séjour à la villa Médicis le conduit à écrire, en 1886, la suite symphonique Printemps. Revenu à Paris, il compose une autre cantate, la Damoiselle élue (Blessed Damosel, 1887-1889), d’après un poème lyrique de Dante Gabriel Rossetti.

3. Les influences conjuguées de la peinture et de la poésie

En 1888 et 1889, Claude Debussy se rend à Bayreuth (Allemagne) où il assiste pour la première fois à une représentation des œuvres de Richard Wagner, Parsifal et les Maîtres chanteurs de Nuremberg. À la même époque, deux événements déterminants viennent infléchir le parcours musical du compositeur : la visite de l’Exposition universelle de Paris (1889), où il entend des gamelans javanais, mais aussi la rencontre de peintres impressionnistes et de poètes symbolistes comme Pierre Louÿs ou Stéphane Mallarmé.

Dès lors, son style s’affirme, comme l’attestent des œuvres vocales ou instrumentales majeures comme les Cinq poèmes de Baudelaire (1887-1889) ou son Quatuor à cordes (1893). En 1894, il achève la partition de son poème symphonique, Prélude à l’après-midi d’un faune, d’après le poème de Mallarmé. Mais il faut attendre neuf années de travail avant la création en 1902 à Paris de son œuvre-phare, l’opéra Pelléas et Mélisande, inspiré du drame éponyme de Maurice Maeterlinck, œuvre de rupture dans laquelle le chant rejoint souvent le chanté-parlé.

4. Un langage musical diversifié

Après les trois Nocturnes pour orchestre et chœur de femmes (1892-1899), il compose ses « trois esquisses symphoniques » de la Mer (1905), qui renouvellent son approche de l’écriture symphonique, puis les trois volets d’Images pour orchestre (1905-1912) — Gigues, Ibéria et Rondes de printemps — et le poème dansé Jeux (1912-1913).

Parmi les œuvres que Claude Debussy écrit alors pour le piano, les plus profondément originales sont la Suite Bergamasque (1890-1905), les Estampes (1903), l’Isle joyeuse (1904), les deux séries d’Images (1905 et 1907), les deux livres de Préludes (1909-1910 et 1910-1912).

On doit également à Claude Debussy de la musique de chambre : la Petite Pièce pour clarinette et piano (1910), la Sonate pour violon et piano (1917), dont la composition s’achève peu avant sa mort.

5. Une œuvre complexe, raffinée et moderne

Par ses expérimentations harmoniques, syntaxiques et sonores, comme par les bouleversements apportés à la structure traditionnelle de l’œuvre musicale, la musique de Debussy annonce la musique savante contemporaine. La mise en œuvre de gammes originales (comme la gamme par tons entiers ou la gamme pentatonique) a renouvelé l’écriture musicale de son époque. Son utilisation nuancée de l’accord transfigure la tonalité au lieu de l’appuyer ; il est sollicité pour sa couleur et son timbre plutôt que pour sa fonction harmonique.

La musique de Claude Debussy a fréquemment été qualifiée d’impressionniste, jugement aujourd’hui fortement contesté par les musicologues. À l’instar des peintres de ce mouvement, le compositeur déploie dans ses compositions un raffinement sonore et une palette harmonique riche en couleurs et en nuances quasi kaléidoscopiques.

Les recherches qu’il a entreprises sur le matériau sonore continuent d’ailleurs d’inspirer nombre de compositeurs contemporains qui n’en finissent pas de redécouvrir ou de disséquer son œuvre sans qu’ils en épuisent pour autant les infinies richesses.