Stockhausen, Karlheinz
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Stockhausen, Karlheinz
4. Une œuvre spirituelle

À partir des années 1960, les œuvres de Karlheinz Stockhausen baignent souvent dans une atmosphère méditative, qui se développe sur une longue durée, comme Mantra (1970), pour deux pianos, et Stimmung (1968), pour six voix, une œuvre articulée autour de différentes sonorisations d’un même accord.

Au milieu des années 1980, Karlheinz Stockhausen se lance dans un projet titanesque : Licht (« lumière »), un cycle de sept grands opéras destinés à être joués pendant sept soirs consécutifs. Fondés sur le mythe de la création, ces opéras évoquent Ève, Lucifer et l’archange Michel, et tentent de réaliser ce qui est, selon l’artiste lui-même, le but grandiose de la musique humaine : la manipulation, la maîtrise et, finalement, l’annihilation du temps. Donnerstag (« jeudi », écrit entre 1978 et 1980), Samstag (« samedi », 1981-1983), Montag (« lundi », 1984-1988), Dienstag (« mardi », 1977/1987-1991) et Freitag (« vendredi », 1991-1994) sont présentés à la Scala de Milan (pour les trois premiers) et à Leipzig (pour les deux suivants) ; Mittwoch (« mercredi, 1995-1997) et Sonntag (« dimanche », 1998-2003) concluent le cycle. Dans le sillage immédiat de cette œuvre colossale, Karlheinz Stockhausen entreprend la mise en musique des « vingt-quatre heures du jour » dans Die 24 Stunden des Tages (2004-2007, projet inachevé, interrompu à la « 21e heure » par le décès de l’artiste).

Parallèlement à ses nombreuses compositions, Karlheinz Stockhausen propose une réflexion évolutive sur la musique à travers ses différentes formes (sérielle, concrète, électronique, aléatoire, variable ou encore spatiale), ses divers supports instrumentaux, mais également son rapport au temps, son rôle et sa portée dans le cadre de la création artistique humaine.