Zola, Émile
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Zola, Émile
2. Zola avant les Rougon-Macquart
1. Premières années

Né à Paris, d’une mère bourguignonne et d’un père italien, Émile Zola passe toute sa jeunesse à Aix-en-Provence, ville qu’il évoque dans son œuvre sous le nom de Plassans. Au collège de la ville, il fait la connaissance de Paul Cézanne, qui restera son ami durant de longues années, et de Baille, futur polytechnicien et astronome.

Le père, François Zola, qui travaille à Aix à la construction du canal qui portera plus tard son nom, meurt prématurément le 22 mars 1847. Ce décès met la famille dans une situation financière précaire et bouleverse le jeune Émile au point que son œuvre romanesque restituera plus tard la figure grandie de ce père tôt disparu, homme libéral, novateur, audacieux, bâtisseur (incarné par Octave Mouret dans Au Bonheur des Dames, ou encore par Saccard, le banquier de la Curée et de l’Argent).

2. Débuts dans le monde des lettres

À partir de 1858, Zola s’établit à Paris ; après deux échecs au baccalauréat « à cause du français », il mène une vie incertaine : « être pauvre à Paris, c’est être pauvre deux fois », dit le narrateur de la Curée. Il entre finalement aux éditions Hachette où il travaille, du 1er mars 1862 au 31 janvier 1866, comme commis puis comme chef de la publicité. Quand il s’attelle à son œuvre majeure, les Rougon-Macquart (le titre complet, les Rougon-Macquart, histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second Empire, est un parfait résumé de son projet), Zola a ainsi acquis une longue pratique de l’écriture et une certaine familiarité avec les milieux intellectuels. Au sein de la librairie Hachette, il a vu fonctionner de l’intérieur une entreprise commerciale moderne, expérience qu’il transpose à plusieurs reprises dans ses romans. Ses fonctions l’ont de surcroît mis en rapport avec quelques-unes des plus illustres figures intellectuelles de l’époque (Guizot, Lamartine, Michelet, Littré, Sainte-Beuve), sans l’empêcher d’écrire lui-même.

Outre des centaines de vers, et quelques tentatives théâtrales, il compose à cette époque plusieurs textes en prose très variés, allant du conte de fées à la satire politique en passant par la « chose vue » et le récit à finalité morale. Il réussit à publier en novembre 1864 un petit recueil de contes, les Contes à Ninon, qui rencontre un accueil favorable. Parallèlement, il collabore à différents journaux (le Petit Journal, le Salut public de Lyon), ce qui lui donne notamment l’occasion, en 1865, de défendre avec fougue le premier roman naturaliste des frères Goncourt, Germinie Lacerteux : « Germinie Lacerteux, dit-il, est une date. Le livre fait entrer le peuple dans le roman. Pour la première fois, le héros en casquette et l’héroïne en bonnet de linge y sont étudiés par des écrivains d’observation et de style. »

En 1865, il rencontre celle qui va devenir sa femme : Alexandrine Meley. Décidé à vivre de sa plume, il quitte la librairie Hachette en 1866. Dès cette année, il mène sa première grande « campagne naturaliste » dans l’Événement, de Villemessant, et dans le Figaro, en défendant un peintre dont les toiles ont été refusées au Salon : Édouard Manet.

En 1867, il publie un roman, Thérèse Raquin, qui, sans en faire partie, annonce le cycle des Rougon-Macquart, tant par les sujets abordés (l’hérédité, la folie) que par les critiques qu’il suscite : la presse traite en effet l’auteur de « pornographe », d’« égoutier » ou encore de partisan de la « littérature putride ». Dans Madeleine Férat, récit publié en feuilleton en 1868, se précisent les deux thèmes dominants de l’œuvre à venir : l’histoire naturelle et les questions d’hérédité d’un côté, l’histoire sociale de l’autre.