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La matière arthurienne |
Ses romans les plus célèbres, composés en vers octosyllabiques, sont ceux qui narrent la légende du roi Arthur et les aventures des chevaliers de la Table ronde. S’il n’est pas l’inventeur de ces mythes, empruntés à la tradition bretonne (voir cycle arthurien), il a su leur conférer une signification chrétienne nouvelle ainsi qu’une dimension humaine et « psychologique » étonnante. En outre, même si leur inspiration est celte et bretonne, les récits de Chrétien de Troyes s’inscrivent nettement dans le monde courtois français de la seconde moitié du XIIe siècle. L’invraisemblable et le merveilleux qui y règnent participent sans doute de ce mélange de deux influences. Les héros de Chrétien sont partagés — déchirés parfois — entre l’amour courtois (valeur nouvelle dans la société où écrit Chrétien) et l’aventure chevaleresque (valeur plus ancienne). Ainsi, même si l’amour s’accomplit, dans le mariage (le cas est rare, c’est celui d’Érec et d’Énide) ou hors du mariage (c’est la figure la plus fréquente, incarnée idéalement par Lancelot et Guenièvre), le chevalier ne peut rester inactif ou oisif : il recherche l’aventure, laquelle se présente sous forme d’exploits guerriers souvent doublés par des actions morales, telles que secourir les faibles ou conquérir le Graal.
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