| Berlioz, Hector | Format lecture | ||||
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| 2. | Un génie précoce |
Né à La Côte-Saint-André (Isère), Louis Hector Berlioz commence l’étude de la musique à douze ans. Il entame toutefois à Paris en 1821 des études de médecine qu’il abandonne très vite pour se consacrer uniquement à la musique, se partageant jusqu’à la fin de sa vie entre composition, direction d’orchestre et critique musicale.
Sa première œuvre importante, la Messe solennelle, date de 1825, tout comme la Révolution grecque, inspirée par le soulèvement des Grecs contre la domination ottomane. Il entre au Conservatoire de Paris où il étudie la composition auprès de Jean-François Lesueur, et le contrepoint et la fugue auprès d’Anton Reicha. Après trois tentatives infructueuses, il finit par remporter le grand prix de Rome avec la Mort de Sardanapale, créé à Paris en 1830.
La même année, Berlioz compose la Symphonie fantastique, créée au Conservatoire de Paris en décembre 1830 et qui connaîtra un immense succès. L’œuvre, sous-titrée Épisodes de la vie d’un artiste, en rupture avec le schéma traditionnel des symphonies, est structurée comme un drame en cinq mouvements, intitulés respectivement « Rêveries et Passions », « Un bal », « Scène aux champs », « Marche au supplice » et « Songe d’une nuit de sabbat » ; chacun d’eux évoque une attitude émotionnelle et représente des variations autour d’une « idée fixe » qui constitue le motif musical récurrent. D’une forme révolutionnaire, la Symphonie fantastique place Berlioz au tout premier rang du romantisme européen. Grâce à la modernité de son orchestration, à la force expressive des couleurs et des timbres et à l’utilisation très personnelle du contrepoint, le jeune compositeur signe à vingt-sept ans un chef-d’œuvre de l’histoire musicale du XIXe siècle, dépassant le modèle romantique beethovénien.
L’obtention du grand prix de Rome en 1830 permet à Berlioz de s’installer en Italie où il vivra jusqu’en 1835. Il y compose deux ouvertures, le Roi Lear (1831) et Rob Roy (1832) ainsi que son monodrame lyrique pour soli, chœur et orchestre, Lélio ou le Retour à la vie (1831), conçu comme une continuation de la Symphonie fantastique. Sur une commande de Paganini, il écrit ensuite Harold en Italie (1834) pour alto solo et orchestre, inspiré d’un poème de lord Byron.