Berlioz, Hector
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Berlioz, Hector
3. Compositeur, théoricien et chef d’orchestre

De 1834 à 1837, Berlioz travaille à l’opéra Benvenuto Cellini, qui sera l’objet de vives critiques lors de sa création à l’Opéra de Paris en 1838. Il se consacre également à la critique musicale au Journal des débats à partir de 1833 (il y reste jusqu’en 1863) et à partir de 1834 à la Gazette musicale. Il aborde en outre la direction d’orchestre en 1835 et dirige par la suite un grand nombre de ses œuvres. En 1837, il compose, sur commande du gouvernement, la Grande Messe des morts (Requiem), pour laquelle il exige un effectif choral et instrumental exceptionnel.

Mais Berlioz souffre de ne pas être apprécié en France, où ses œuvres ne rencontrent en général qu’un succès très mitigé. Il donne des concerts chaque saison, mais n’occupera jamais de poste de premier plan de façon permanente. En 1839, il obtient néanmoins le poste de bibliothécaire au Conservatoire de Paris et est nommé chevalier de la Légion d’honneur. La même année, il achève sa symphonie dramatique Roméo et Juliette, d’après Shakespeare. Répondant là encore à une commande du gouvernement, il dirige en 1840 sa Symphonie funèbre et triomphale, pour le dixième anniversaire des Trois Glorieuses.

À partir de 1842, Berlioz entame une série de tournées en Europe tout en continuant à se consacrer à la composition. En 1845, il remanie une œuvre de jeunesse, les Huit scènes de Faust, d’après Goethe, qui devient la Damnation de Faust, « légende dramatique » créée sous sa direction à l’Opéra-Comique, sans grand succès. À partir de 1847, il est enfin reconnu en Europe et remporte un grand succès en Russie, en Angleterre (1848), à Weimar (1852), sur l’invitation de Franz Liszt, à Berlin, à Vienne et à Prague. À Paris, il dirige l’oratorio l’Enfance du Christ (1854), qui reçoit un accueil triomphal, son Te Deum (1855) et l’Impériale (1855) composés pour la remise des prix par Napoléon III lors de l’Exposition universelle. Berlioz, pour qui la relation entre la musique et l’espace revêt une importance particulière, dispose, pour diriger cette œuvre de 1 200 instrumentistes, d’importants chœurs et d’un orchestre de musique militaire. Poursuivant parallèlement son travail de critique et de musicologue, il publie un Traité d’instrumentation et d’orchestration moderne (1843) et l’Art du chef d’orchestre (1856).