| Renoir, Pierre-Auguste | Format lecture | ||||
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| 4. | La « période aigre » |
Au début de l’année 1881, Pierre-Auguste Renoir entreprend un voyage en Algérie, d’où il ramène des paysages, ainsi que plusieurs représentations de femmes en costumes traditionnels. Quelques mois plus tard, il gagne l’Italie et se montre tout particulièrement sensible à l’œuvre de Raphaël. Cette découverte le plonge dans une période de doute artistique, et le conduit à aiguiser son intérêt pour la composition de ses œuvres.
S’ouvre alors la « période aigre », connue également sous le nom de « période ingresque » (en référence à Ingres), marquée par un intérêt plus fort pour le dessin, mais également par un effort renouvelé dans la rigueur de la composition. Pierre-Auguste Renoir s’oriente vers une description plus nette des contours de ses sujets au détriment de son traitement de la couleur, qui perd alors l’aspect chatoyant caractéristique de la période précédente.
Cette tendance commence à s’illustrer dans le Déjeuner des canotiers (1881, Phillips Memorial Gallery, Washington), qui témoigne d’une individualisation parfaite des personnages et d’une grande variété de gestes et d’attitudes. Elle se précise avec force dans Danse à la ville et Danse à la campagne (toiles de 1883, musée d’Orsay), ainsi que dans les Parapluies (1881-1885, The National Gallery, Londres) et les célèbres Grandes Baigneuses (1887, Philadelphia Museum of Art, Philadelphie), toiles emblématiques de cette période.