| Format recherche | Piaf, Édith | Format lecture |
| 1. | Présentation |
Piaf, Édith (1915-1963), auteur, compositeur et interprète française.
| 2. | Une enfance misérable |
Née à Belleville (Paris), d’un père artiste de cirque — qu’elle accompagnera, un temps, dans ses tournées — et d’une mère qui se désintéresse d’elle, Édith Giovanna Gassion (devenue plus tard Édith Piaf à la scène) passe son enfance dans une maison close de Normandie, où sa grand-mère paternelle travaille comme cuisinière, et où les prostituées la prennent en affection. Momentanément aveugle à la suite d’une affection oculaire, elle est guérie « par miracle » à l’occasion d’un pèlerinage à Lisieux et vouera une éternelle reconnaissance à sainte Thérèse.
| 3. | La chanteuse de rues |
De retour à Paris, elle chante dans les rues et dans les cours, où elle est remarquée par Louis Leplée qui, subjugué par sa voix, la baptise « la Môme Piaf » et l’engage dans son cabaret proche des Champs-Élysées, le Gerny’s. Piaf connaît le succès assez rapidement mais, quelques mois après leur rencontre, Leplée est assassiné et, eu égard à ses relations avec le milieu, elle est soupçonnée de complicité de meurtre. Mise hors de cause, elle doit repartir de zéro. Opportunément, le parolier Raymond Asso lui offre de reprendre « Mon légionnaire » (une chanson écrite à l’origine pour Marie Dubas), qui sera son premier gros succès. Puis, toujours grâce à Raymond Asso, elle fait la connaissance de la pianiste Marguerite Monnot, qui restera sa compositrice de prédilection et lui écrira ses plus belles chansons (« les Amants d’un jour », « Milord », etc.).
| 4. | Le succès |
En 1937, Édith Piaf triomphe à l’ABC avec le répertoire d’Asso et Monnot. C’est la fin de la misère et le début de sa prodigieuse carrière. Mais la guerre arrive, et Asso est mobilisé. Piaf se lie alors avec Paul Meurisse, avec lequel elle joue, au théâtre, le Bel Indifférent (1940), une pièce écrite spécialement pour elle par Jean Cocteau. Dans le même temps, elle tourne également pour le cinéma, mais la chanson reste sa passion primordiale. Au fil des rencontres, elle travaille avec de nouveaux paroliers, comme Michel Emer (« l’Accordéoniste ») ou Henri Contet (« Padam, padam », « Bravo pour le clown »), et signe ses premiers textes de chansons (« Un coin tout bleu », « le Vagabond »). En effet, contrairement à une idée trop répandue, Édith Piaf n’est pas seulement une interprète exceptionnelle, mais également une parolière à succès à qui l’on doit, entre autres, les textes de « la Vie en rose » et de « l’Hymne à l’amour ».
| 5. | Une artiste au grand cœur protectrice de jeunes talents |
Pendant l’Occupation, Piaf continue de se produire sur scène, allant même chanter deux fois à Berlin pour les prisonniers français, ce qui lui vaut, à la Libération, d’être soupçonnée de collaboration. Mais elle est entièrement blanchie de ces charges, car preuve est faite que ses tournées en Allemagne ont servi à favoriser quelques évasions.
Sa générosité naturelle la pousse à aider, à conseiller et à lancer une série de jeunes artistes, tels qu’Yves Montand, les Compagnons de la chanson, Félix Marten ou Eddie Constantine.
| 6. | Heureuse à la scène, malheureuse en amour |
Marquée par la vie, la misère et la rue — une image dont elle joue, d’ailleurs, avec beaucoup d’habileté —, Piaf brûle sa vie et les planches, et sa renommée s’étend désormais sur tous les continents. Considérée par la presse internationale comme l’une des plus grandes vedettes du monde, elle est, avec Frank Sinatra, l’artiste la mieux payée de son temps. En 1947, à New York, elle fait la connaissance du boxeur Marcel Cerdan qui sera le grand amour de sa vie (rencontre dont Claude Lelouch tirera un film, Édith et Marcel, 1983) ; la mort accidentelle de ce dernier, en 1949, est un drame dont elle ne se relèvera jamais. C’est d’ailleurs à la mémoire de Cerdan qu’elle écrira « l’Hymne à l’amour ».
En 1952, elle épouse Jacques Pills, chanteur de l’ancien duo Pills et Tabet, mais le mariage ne dure guère. Toujours à la recherche de nouveaux talents, Piaf contribue à révéler Charles Aznavour (« Jézébel »), Georges Moustaki (« Milord ») et Charles Dumont (« Non, je ne regrette rien »).
| 7. | La drogue, la maladie et la mort |
Au début des années soixante, minée par la drogue et par la maladie, la chanteuse connaît une sorte de résurrection, grâce à l’amour que lui voue Théo Sarapo, qu’elle épouse en 1962 et qu’elle tente d’imposer au music-hall (duo « À quoi ça sert l’amour ? »).
Cependant, usée par le travail et par les excès — bien que sa voix ne l’ait jamais trahie — elle meurt en 1963, quelques heures avant son vieil ami Cocteau. Ses funérailles, au cimetière du Père-Lachaise, sont suivies par une foule gigantesque, évaluée à plus de cent mille personnes.
Sélection discographique :