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Honegger, Arthur
1. Présentation

Honegger, Arthur (1892-1955), compositeur suisse, figure marquante de la musique française de la première moitié du XXe siècle.

2. Parcours et influences

Né au Havre de parents suisses, Arthur Honegger étudie au conservatoire de Zurich (1909-1911), puis au Conservatoire de Paris, alors dirigé par les compositeurs Charles Marie Widor et Vincent d'Indy. Ses premières compositions, Six Poèmes extraits d'Alcools de Guillaume Apollinaire pour piano et chant (1915-1917), et le Premier Quatuor à cordes (1916) montrent déjà une solide maîtrise du contrepoint. En 1916, il devient membre, aux côtés des compositeurs Darius Milhaud, Georges Auric, Germaine Tailleferre, Francis Poulenc et Louis Durey, du groupe des Six (appellation qui ne date que de 1920), dont les œuvres sont influencées par Erik Satie et Jean Cocteau. Anti-impressionniste et antiromantique comme ses pairs, Honegger évolue progressivement vers un style plus personnel, caractérisé notamment par la dissonance, la polytonalité, ainsi que la suprématie du contrepoint. Il a pour modèles Claude Debussy, Jean-Sébastien Bach et utilise même la musique symphonique du romantisme allemand. Ces influences se révèlent pleinement dans ses troisième, quatrième et cinquième symphonies (Symphonie liturgique, 1945-1946 ; Deliciae Basilienses, 1946, et Di tre re, 1950).

3. Œuvre

Certaines de ses compositions orchestrales, comme Pacific 231 (1923), description musicale d'une machine à vapeur destinée à l’accompagnement d’un film, et Rugby (1928), puisent leur thème dans la vie contemporaine. Ses œuvres pour orchestre, particulièrement abondantes, notamment les oratorios comme Cris du monde (1931), Amphion (1931), sur un texte de Paul Valéry, la Danse des morts (1938) ou Jeanne d'Arc au bûcher (1935), sur des textes de Paul Claudel, véhiculent à travers leur caractère parfois descriptif le souci du compositeur de toucher un large public. Parmi ses autres œuvres importantes figurent l'oratorio le Roi David (1921), l'opéra Judith (1925), une quinzaine de ballets en collaboration avec Auric, Poulenc, Tailleferre et Milhaud, de la musique de chambre, dont trois quatuors à cordes et deux sonates pour violon et piano, de nombreuses mélodies sur des textes de poètes comme Apollinaire, Claudel ou Cocteau, de la musique pour le théâtre et pour le cinéma.