| Éluard, Paul | Format lecture | ||||
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| 2. | Débuts surréalistes |
Paul Eugène Grindel, dit Paul Éluard, voit le jour à Saint-Denis, dans la banlieue parisienne. Obligé d’interrompre ses études pour rétablir une santé gravement menacée par la tuberculose (1912), il est néanmoins mobilisé en 1914, au tout début de la Première Guerre mondiale : il devient alors infirmier militaire. Si les premiers poèmes d’Éluard sont encore influencés par la littérature de Jules Romains, ils révèlent surtout les sentiments d’horreur et de pitié qu’ont pu inspirer à un poète désormais en quête de pacifisme les spectacles quotidiens de la guerre (le Devoir et l’Inquiétude, 1917 ; Poèmes pour la paix, 1918).
Remarqué par Jean Paulhan, futur directeur de la N.R.F., Éluard est présenté par son intermédiaire à Benjamin Péret, puis à André Breton, à Louis Aragon et à Philippe Soupault. Il lie ensuite connaissance avec Tristan Tzara, René Magritte, mais aussi Man Ray et Joan Miró. Il participe dans un premier temps au mouvement Dada (les Animaux et leurs hommes, les hommes et leurs animaux, 1920 ; les Nécessités de la vie et les conséquences des rêves, 1921). En 1919, il entre dans le groupe réuni autour de la revue Littérature, puis se lance dans l’aventure surréaliste. Il écrit ainsi Mourir de ne pas mourir qui paraît la même année que le Manifeste du surréalisme d’André Breton (1924).
Éluard s’engage sans réserve dans les activités du groupe surréaliste et sur la voie de l’expérimentation littéraire. Avec Benjamin Péret, il compose 152 Proverbes mis au goût du jour (1925). Durant l’année 1930, il écrit Ralentir travaux, en collaboration avec René Char et André Breton, puis rédige avec ce dernier l’Immaculée Conception.
Comme la plupart des autres écrivains surréalistes, Éluard montre un intérêt très vif pour les arts plastiques, notamment la photographie et la peinture ; ses recueils sont d’ailleurs souvent illustrés par des artistes appartenant à la « constellation surréaliste », auxquels il consacre, en retour, des poèmes (À Pablo Picasso, 1944) ou des essais.
Son adhésion au groupe ne l’empêche cependant jamais d’affirmer son goût et son respect pour la poésie du passé — à laquelle il dédie plusieurs anthologies (Première Anthologie vivante de la poésie du passé, 1951) —, ni de défendre son esthétique propre, marquée par une grande clarté et une grande simplicité d’expression, mais aussi par un classicisme — parfaitement assumé — sur le plan formel.