Éluard, Paul
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Éluard, Paul
4. Le poète engagé

Entré au Parti communiste en 1926, avec la plupart des surréalistes, Paul Éluard en est exclu en 1933. Il n’en continue pas moins de militer pour une poésie sociale et accessible à tous (les Yeux fertiles, 1936 ; Cours naturel, 1938 ; Donner à voir, essai, 1939). Poète résolument engagé, il prend ses distances avec le surréalisme, rompt avec le mouvement en 1938, pour revenir définitivement dans les rangs du Parti communiste en 1942.

Choqué par le massacre de Guernica en 1937, il prend position en faveur de l’Espagne républicaine (« la Victoire de Guernica », Cours naturel, 1938), puis s’engage dans la Résistance. Membre d’un réseau clandestin, animateur du Comité national des écrivains (CNE), il fait de la poésie l’instrument d’un combat contre la barbarie en publiant plusieurs ouvrages dans la clandestinité. Tout d’abord Poésie et Vérité (1942), qui comprend le célèbre poème « Liberté », largué par les avions de la RAF en milliers de tracts sur la France occupée. On peut aussi citer les Sept Poèmes d’amour en guerre (1943) et Au rendez-vous allemand (1944). Après la guerre, il poursuit dans la voie de la poésie politique procommuniste (Poèmes politiques, 1948).

Dans ces écrits politiques, comme dans les autres recueils poétiques de cette période (Poésie ininterrompue I, 1946 ; Corps mémorable, 1947 ; Poésie ininterrompue II, posthume, 1953), Éluard continue à utiliser une écriture tout à la fois simple et empreinte d’éblouissantes métaphores (« La terre est bleue comme une orange ») et à revendiquer une philosophie où se marient humanisme et aspirations révolutionnaires.