Lebrun, Albert
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Lebrun, Albert
2. Un républicain modéré

Né à Mercy-le-Haut, village de Meurthe-et-Moselle, issu d'une famille de paysans, il fait des études très brillantes qui le conduisent à l'École polytechnique et à l'École des mines, dont il sort à chaque fois major. Ingénieur à Nancy, Albert Lebrun se lance très tôt dans la politique, sur les conseils d'un autre Lorrain, Raymond Poincaré, et devient conseiller général dès 1892, puis en 1900, député de Meurthe-et-Moselle. Modéré, se définissant comme un « républicain de gauche », il défend surtout des positions républicaines avancées, comme en témoigne sa victoire sur l'industriel François de Wendel, lors des législatives de 1906. Il adhère d'ailleurs, en 1910, à l'Alliance démocratique, une formation du centre, dont il sera un des dirigeants après-guerre. Le président du Conseil, Joseph Caillaux, le nomme ministre des Colonies en 1911, poste qu'il occupe sous les ministères Poincaré et Doumergue, jusqu'en 1914, et apparaît comme un défenseur de l'accord signé avec l'Allemagne au lendemain d'Agadir. Mobilisé en 1914, il est appelé par Clemenceau au ministère du Blocus, puis des Régions libérées. Il démissionne cependant en 1919, pour s'être présenté aux élections sur une liste comprenant des adversaires du traité de Versailles. Sénateur à partir de 1920, il devient président du Sénat en 1931, puis est élu le 10 mai 1932 à la présidence de la République, trois jours après l'assassinat de Paul Doumer.