Lebrun, Albert
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Lebrun, Albert
3. Un président effacé

Les fonctions de chef de l'État étant très limitées par la Constitution de la IIIe République, il se cantonne dans un rôle de représentation et d'arbitrage. Ainsi, soucieux de réconciliation nationale, il appelle Doumergue à la présidence du Conseil au lendemain du 6 février 1934. Bien qu'hostile au Front populaire, il demande cependant à Léon Blum de former un ministère. Il est réélu en mai 1939, ce qui constitue un fait unique sous la IIIe République. Sa réélection apparaît due à la fois aux manœuvres de Daladier, ainsi qu'à la volonté d'assurer une continuité républicaine à la tête de l'État, dans une période de guerre. Il n'exerce cependant qu'une très faible influence et fait appel, en juin 1940, à Pétain, qu'il suit à Vichy.

Pressé de démissionner le 7 juillet, il refuse, mais doit s'effacer après le vote des Chambres qui, le 10 juillet 1940, à l'instigation de Pierre Laval, remet par 569 voix contre 80 tous les pouvoirs, y compris les pouvoirs constituants, entre les main du maréchal Pétain.

Arrêté par les autorités allemandes le 27 août 1943, il est déporté quelques mois à Kufstein au Tyrol (1944-1945). Après la Libération, il se tient en marge de la vie politique.