Romains, Jules
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Romains, Jules
2. L’unanimisme

Jules Romains, de son vrai nom Louis Farigoule, naquit en Auvergne, dans le petit village de La Chapuze et passa son enfance dans les ruelles de la butte Montmartre à Paris, où son père était instituteur. Entré en 1906 à l’École normale supérieure, il obtint son agrégation de philosophie en 1909 et enseigna jusqu’en 1919, avant de se consacrer exclusivement à la littérature.

Dès 1903, Romains eut l’intuition que dans le monde moderne les individus appartiennent à des groupes, grands corps collectifs pourvus d’une âme qui dépassent celle des individus. Issue sans doute de la lecture des romantiques, de Baudelaire, de Renan comme de l’influence des cours du sociologue Durkheim, qui travaillait essentiellement sur la psychologie des foules, cette vision du monde suppose, ou plutôt affirme, l’existence de liens mystiques entre les êtres ainsi qu’entre l’Homme et la nature.

Romains donna une base théorique à l’unanimisme, qui nourrit toute son œuvre littéraire, dans un article qu’il publia en 1905 : « les Sentiments unanimes et la Poésie » ; il développa ensuite cette théorie dans le Manuel de déification (1910).