| Bohême | Format lecture | ||||
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| 4. | Histoire |
Le nom de la Bohême aurait pour origine Boïen, nom d'un peuple celte implanté dans la région vers le ve siècle av. J.-C. Les Boïens sont refoulés par la tribu germaine des Marcomans (Suèves) vers le ier siècle av. J.-C. Ces derniers s’y établissent jusqu’au vie siècle, puis émigrent vers la Bavière. Entre les ve et viiie siècles, les colons slaves, puis les Avars, occupent la région. Au cours du ixe siècle, le christianisme est introduit en Bohême, qui fait alors partie intégrante du royaume de la Grande-Moravie.
La première dynastie bohémienne (tchèque), la famille des Premyslides, arrive au pouvoir au xe siècle. En 950, la Bohême est contrainte de reconnaître la suprématie germaine et passe sous la domination du Saint Empire romain germanique. De 1310 à 1437, la Bohême est dirigée par les rois de la maison de Luxembourg. Au cours de la dernière partie de cette période, les Hussites, communauté religieuse bohémienne qui, à bien des égards, préfigure les protestants du xvie siècle, se rebellent contre l'autorité de l'Église catholique, provoquant une intervention étrangère et une longue période de guerres connue sous le nom de guerres hussites. Les Bohémiens sont contraints d'accepter un compromis avec l'Église en 1436. La plupart des questions politiques et religieuses impliquées dans le conflit demeurent non résolues, mais le mouvement hussite stimule le sentiment nationaliste des Bohémiens, contrariant un premier pas vers la germanisation.
Plusieurs rois hongrois se succèdent à la tête de la Bohême entre 1471 et 1526. Au cours de cette période, la situation religieuse demeure tendue, mais aucun débordement n’a lieu. En 1526, l’empereur Ferdinand Ier de Habsbourg est élu roi de Hongrie et de Bohême. Sous le règne des Habsbourg, qui se prolonge jusqu'en 1918, l'histoire de la Bohême est directement liée à celle de l'Autriche. Au cours de la Réforme (1517-1648), les Habsbourg catholiques ne supportent pas le mouvement protestant qui ne cesse de prendre de l’importance en Bohême. La défenestration de Prague, au cours de laquelle des Tchèques défenestrent deux représentants des Habsbourg, déclenche la guerre de Trente Ans (1618-1648). La bataille de la Montagne-Blanche (1620) rétablit les Habsbourg ; elle est suivie d'une répression impitoyable du protestantisme, de la suppression de tous les privilèges nationaux et de l'institution de l'allemand comme langue nationale.
Les réformes de Joseph II (qui règne de 1765 à 1790) ravivent le nationalisme bohémien. Après 1848 et la répression rapide d'une rébellion nationaliste, la lutte continue pour une autonomie tchèque au sein de l'Empire austro-hongrois. Avec la chute de ce dernier après la Première Guerre mondiale et la création de la Tchécoslovaquie en 1918, la Bohême devient une province de la nouvelle république. Le 1er janvier 1993, la Bohême fait partie intégrante de la République tchèque indépendante, dont elle englobe la capitale, Prague.
Population (estimation 1999) : 6 700 000 habitants.