| occitan | Format lecture | ||||
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| 4. | L’occitan comme langue |
L’occitan fut une grande langue de culture entre le XIe et le XVe siècle. Les premiers textes littéraires connus sont deux poèmes du Xe siècle. Dès le siècle suivant, qui est celui des premières œuvres lyriques des troubadours (Guillaume IX, comte de Poitiers), l’occitan se présentait déjà comme une langue classique unifiée et raffinée, et utilisée même par des auteurs qui n’étaient pas de langue maternelle occitane. La littérature ne se limitait pas à la poésie lyrique amoureuse, mystique ou satirique, mais comprenait des épopées, des romans, des hagiographies, de la poésie didactique.
Parallèlement existait aussi une langue commune administrative, pleinement élaborée à partir du XIIe siècle. La décadence vint de l’emprise politique que prit peu à peu le roi de France (guerre contre les albigeois, 1208-1229), couronnée par l’annexion de la Provence (1481). La Renaissance imposa le français comme langue officielle (voir ordonnance de Villers-Cotterêts). L’émiettement dialectal allait ruiner l’occitan.
Plusieurs tentatives eurent lieu pour reconstruire un occitan littéraire et en faire renaître la légitimité culturelle, et cela dès la fin du XVIe siècle. L’élaboration de dictionnaires à partir de la fin du XVIIIe siècle (jusqu’à celui du Dr Honnorat publié de 1840 à 1848) prépara les mouvements du XIXe siècle, dont le plus illustre est celui du Félibrige, groupe de poètes dont la figure centrale est celle de Frédéric Mistral. La langue utilisée est un occitan littéraire construit à partir d’une variété de provençal rhodanien et dont l’orthographe renonce finalement à transcrire les lettres devenues muettes de l’ancienne langue (un vaste lexique fut publié en 1885).
Ce n’est qu’au XXe siècle que s’élabore, à défaut d’une nouvelle langue de culture commune, un système de notation qui permet, à partir d’une orthographe inspirée de l’étymologie, d’atténuer graphiquement les multiples variantes dialectales (L. Alibert, Grammatica occitana segon los parlars lengadocians, 1935). La reconnaissance officielle des langues régionales (loi Deixonne de 1951 ; engagement de la France à ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires de 1992), la vigueur des mouvements régionalistes (occitanisme gauchiste des années soixante-dix), la publication de revues, l’essor des études universitaires ou encore le développement, depuis une vingtaine d’années, d’un enseignement bilingue (dans des écoles associatives comme les Calandretas, en particulier) ou optionnel (lycées, universités) peinent pourtant à enrayer durablement le déclin des parlers occitans.