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Rohmer, Éric (1920- ), critique, scénariste et réalisateur français.
Né à Nancy, Jean-Marie Maurice Schérer, dit Éric Rohmer, est d’abord enseignant et animateur de ciné-club avant de devenir critique de cinéma dans diverses revues spécialisées, puis de tenir le poste de rédacteur en chef aux Cahiers du cinéma (1957-1963).
Artisan fécond de la politique des auteurs, défenseur de Carl Dreyer, F. W. Murnau, Jean Renoir, Kenji Mizoguchi et Alfred Hitchcock, auquel il a consacré un livre (cosigné avec Claude Chabrol) : Alfred Hitchcock (1957), théoricien de la mise en scène et de l’histoire du cinéma, il tourne quelques courts métrages : Présentation ou Charlotte et son steak (1950), Bérénice (1954), la Sonate à Kreutzer (1956) et Véronique et son cancre (1958), avant de réaliser son premier long métrage : le Signe du lion (1959), histoire d’un musicien américain se retrouvant seul et sans argent à Paris, pendant l’été. Le film ne sort qu’au bout de trois ans et ne connaît aucun succès.
Il décide alors de réaliser la série des Contes moraux, tout en travaillant comme réalisateur pour la télévision scolaire. Pendant cinq ans, il mène cette carrière parallèle, tournant d’une part les deux premiers contes moraux : la Boulangère de Monceau (1962) et la Carrière de Suzanne (1963), et signant des œuvres de commande pour la télévision scolaire, parmi lesquelles : les Cabinets de physique (1964), Perceval ou le Conte du Graal (1964), les Histoires extraordinaires d’Edgar Poe (1965), Pascal (1965), Mallarmé (1965), Louis Lumière (1966) et le Celluloïd et le marbre (1966).
Au cours de cette période, il tourne encore un sketch de Paris vu par… (Place de l’étoile, 1964), et un « Dreyer » pour l’émission Cinéastes de notre temps (1965).
Le succès du troisième des Contes moraux, la Collectionneuse (1967), le fait enfin connaître du grand public. Il poursuit alors sa série avec Ma nuit chez Maud (1969) — interprété par Jean-Louis Trintignant et Françoise Fabian —, qui confirme son succès public, puis le Genou de Claire (1970) :poussé par une romancière en mal de sujet, Jérôme (Jean-Claude Brialy), un ancien libertin sur le point de se marier à une femme qu'il aime, entreprend de faire la cour à deux midinettes, afin de se prouver à lui-même sa totale indifférence aux autres femmes. L’Amour l’après-midi (1972) est le dernier des Contes moraux. Il s’impose de la sorte comme le cinéaste de l’intelligence, du désir, de l’éthique et des jeux de langage.
Après la Marquise d’O (1975), tourné en Allemagne, et Perceval le Gallois (1978), avec Fabrice Luchini et André Dussollier, il continue son exploration balzacienne du monde d’aujourd’hui avec une nouvelle série, Comédies et Proverbes, entièrement conçue sur le désir amoureux : la Femme de l’aviateur (1981), le Beau Mariage (1982), Pauline à la plage (1983), les Nuits de la pleine lune (1984), le Rayon vert (1986) et l’Ami de mon amie (1987). Les films confirment son style et séduisent un grand public.
Il réalise aussi Quatre aventures de Reinette et Mirabelle (1987) et entame une nouvelle série, les Contes des quatre saisons : Conte de printemps (1990), Conte d’hiver (1992), Conte d’été (1995) et Conte d’automne (1998) connaissent un succès qui ne se dément pas.
Il tourne encore l’Arbre, le maire et la médiathèque (1993) et les Rendez-vous de Paris (1995).
Indépendant et fidèle à ses idées, il a aussi produit des films avec sa société, les Films du Losange.