| Gabriel, Peter | Format lecture | ||||
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| 3. | La tétralogie Peter Gabriel |
Désormais seul aux commandes de sa carrière, Peter Gabriel publie un premier album solo en 1977, sobrement intitulé Peter Gabriel, premier volet d’une série de 4 disques considérés par l’artiste lui-même comme « les numéros successifs d’un magazine ». Tandis que le mouvement punk bat son plein, des titres comme « Solsbury Hill » — qui évoque les raisons de son départ de Genesis — ou « Humdrum » proposent une musique encore influencée par la démarche expérimentale adoptée quelques années auparavant, mais qui témoigne d’une optique plus personnelle, tour à tour sombre et dansante.
L’année suivante paraît Peter Gabriel (1978), produit par Robert Fripp, guitariste du groupe de rock progressif King Crimson : l’utilisation de synthétiseurs et l’imposant travail sur les rythmes confèrent à l’album une tonalité moderne parfaitement illustrée par des chansons telles que « On the Air » ou « D.I.Y. ».
Imprégné des sonorités new wave alors en vogue, Peter Gabriel engage Steve Lillywhite (notamment producteur du groupe Siouxsie and the Banshees) pour son troisième opus, Peter Gabriel (1980), qui contient notamment « Biko », vibrant hommage à Steven Biko, militant sud-africain anti-apartheid assassiné en prison, et « Games Without Frontiers », titre enregistré à l’aide d’une nouvelle technologie permettant d’échantillonner des sons. « Intruder », « Family Snapshot » ou encore « Not One of Us » complètent cet album qui offre une reconnaissance critique et publique significative à Peter Gabriel, considéré comme un artiste intègre préférant ses recherches musicales au succès.
« Shock the Monkey », single présent sur Peter Gabriel (également connu sous le nom de Security aux États-Unis et paru en 1982), est pourtant l’une des plus grandes réussites populaires de sa carrière. L’album recèle parallèlement certains des morceaux les plus aboutis et stylisés de la discographie de Peter Gabriel, à l’image de « San Jacinto » ou « I Have the Touch ».
En marge des modes, Peter Gabriel s’est imposé, à la faveur de 4 albums originaux et habités, toujours à la pointe de l’expérimentation musicale, comme un musicien exigeant mais également accessible au plus grand nombre.