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Amiens, cathédrale Notre-Dame d'

Amiens, cathédrale Notre-Dame d', cathédrale gothique du nord de la France construite au XIIIe siècle.

Au cœur de la nef de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, une pierre scellée au centre d’un labyrinthe porte une inscription commémorative sur bande de cuivre. Cette inscription indique la date à laquelle débutèrent les travaux, 1220, et le nom du maître d’ouvrage, l’évêque Évrard de Fouilloy (45e évêque d’Amiens), mais donne surtout celui des architectes, dans leur ordre de succession : Robert de Luzarches, Thomas de Cormont, puis son fils Renaud. Le plan comporte une nef à trois vaisseaux, un vaste transept bordé de collatéraux et un chevet à déambulatoire et chapelles rayonnantes. Celui-ci évoque quelque peu le chevet de la cathédrale de Reims : dans les bas-côtés, le déambulatoire est double, tandis qu’il est simple dans les parties tournantes. Il ouvre sur une série de sept chapelles rayonnantes contiguës ; celle située dans l’axe est plus développée en longueur que les autres. L’élévation à trois niveaux — grandes arcades, triforium et fenêtres hautes — s’inspire pour les parties basses de formules issues de l’architecture gothique classique. En effet, les grandes arcades retombent sur des piles cantonnées proches de celles de la cathédrale de Chartres. Cependant, les proportions sont complètement différentes, l’architecte d’Amiens ayant augmenté la hauteur des grandes arcades, aussi hautes que le triforium et les fenêtres hautes réunis. Les fenêtres hautes, à quatre lancettes surmontées de trois roses, sont déjà de conception rayonnante. Dans le chevet, le vocabulaire rayonnant est encore plus exacerbé. Les colonnettes du triforium éclairé se prolongent dans les fenêtres hautes et les remplages adoptent des formes complexes. Il est probable que la voûte d’ogives fut lancée relativement tard, à la fin du XIIIe siècle ou au début du siècle suivant, alors que l’église était déjà protégée par une charpente.

La façade occidentale, à deux tours, abrite trois portails sculptés autour de 1240. La rénovation au laser (achevée en décembre 1999) de l’ensemble de la façade a mis au jour un ensemble unique au monde de polychromies, permettant de mieux imaginer l’aspect d’origine du portail. Le bras sud du transept comporte un autre portail, à peu près contemporain des précédents.