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Sainte-Chapelle du Palais

Sainte-Chapelle du Palais, chapelle-reliquaire construite sous Saint Louis pour le palais de la Cité à Paris.

Entre 1237 et 1245, l'empereur de Constantinople, Baudoin II, vend à Saint Louis les plus précieuses reliques de la Passion du Christ. Afin de les abriter, Saint Louis entreprend la construction d'une nouvelle chapelle à l'intérieur du palais royal de l'île de la Cité à Paris. Le chantier débute entre 1239 et 1242 et est rapidement mené à son terme, l'édifice étant achevé et entièrement décoré lors de sa consécration en 1248.

En raison de sa fonction, à la fois chapelle du palais et chapelle-reliquaire, l'édifice s'élève sur deux étages. Servant de paroisse pour le personnel du palais, le rez-de-chaussée est peu élevé — 6,60 m sous voûte — et uniquement éclairé par une série de petites roses. Il est conçu comme un puissant soubassement, afin de porter la chapelle haute, véritable cage de verre. Deux petits escaliers en vis relient les étages. Cependant, l'accès principal à la chapelle haute, réservée à l'usage du souverain, s'effectue depuis les appartements royaux. Mettant en scène les reliques de la Passion, l'architecte fait pratiquement disparaître les murs de la chapelle haute — plus de 20 m sous voûte —, les remplaçant par de très grandes baies. Les plus hautes, dans les parties droites, atteignent 15,50 m de haut et se subdivisent en quatre lancettes surmontées de trois roses. Ainsi, le monument offre une immense surface vitrée, dont les verrières évoquent la Jérusalem céleste. Pour maintenir une structure aussi légère, extérieurement, de nombreux contreforts, s'élevant d'un seul jet jusqu'à la base des toitures, épaulent l'édifice. Mais surtout, on a eu recours à des renforts métalliques, notamment à un double ceinturage à la chapelle haute et à des tirants dans les combles. À l'intérieur de l'étage supérieur, douze statues des apôtres prennent place à l'aplomb des piliers recevant les retombées des ogives et des arcs doubleaux.

Pour l'édification de ce prestigieux monument, on a parfois avancé des noms d'architectes : Pierre de Montreuil pour les uns, Robert de Luzarches ou Thomas Cormont pour d'autres. Mais, faute de documents, l'œuvre conserve son anonymat.