Balthus
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Balthus
2. Sur les traces de Piero della Francesca

Né à Paris au sein d’une famille d’origine polonaise réfugiée en Prusse-Orientale, Balthazar Klossowski de Rola, dit Balthus, est le fils d’Erich Klossowski (critique d’art) et d’Elizabeth Dorothea Spiro, surnommée Baladine (artiste peintre et amie de Rilke après la séparation du couple Klossowski en 1917). Balthus est aussi le frère de l’écrivain et philosophe Pierre Klossowski.

Dès la déclaration de guerre, Balthus, bien que ballotté entre Berlin, Berne, Genève et Beatenberg, grandit dans un milieu culturel propice à l’épanouissement d’une personnalité rare. Très tôt, son père l’initie à Cézanne. De retour à Paris en 1924, il refuse de suivre l’enseignement classique de l’École nationale supérieure des beaux-arts et s’inscrit comme élève libre à l’académie de la Grande Chaumière. Il y côtoie les grands maîtres, Maurice Denis mais aussi Bonnard, auquel il se réfère souvent avant les années 1930 : en attestent plusieurs Vues du Jardin du Luxembourg (1925-1927) et ses scènes de rues parisiennes.

En 1925, au Louvre, Balthus, acharné, copie trois mois durant, Écho et Narcisse de Poussin. Puis, pendant l’été 1926, à l’instar de tous les artistes bien nés, il accomplit son voyage en Italie. Le peintre se nourrit alors de Masaccio, de Masolino et des fresques de l’Histoire de la vraie croix (église San Francesco d’Arezzo) de Piero della Francesca. À la façon de Piero (dont il exécute six copies), il construit fermement ses toiles à partir de diagonales et d’orthogonales, la lumière jouant tout pareillement de la transparence des lointains.