| contre-révolution | Format lecture | ||||
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| 2. | L’émigration |
À partir du 17 juillet 1789, date à laquelle le roi reconnaît la victoire des émeutiers de la prise de la Bastille, les défenseurs les plus radicaux de l’absolutisme au sein de l’Assemblée constituante doivent se résigner au silence ou à l’émigration. Le terrain parlementaire est désormais impossible à utiliser par ceux que les patriotes nomment les « noirs ». Pour exemple, « Mirabeau-Tonneau » — frère du comte de Mirabeau qui, pour sa part, tente de concilier principes révolutionnaires et monarchie constitutionnelle — quitte la France en septembre 1789.
Les princes du sang — le comte de Provence (futur Louis XVIII) et le comte d’Artois (futur Charles X) — quittent également le territoire ; autour du roi, la contre-révolution est désormais représentée essentiellement par la cour de la reine Marie-Antoinette dont le double objectif, à partir d’octobre 1789, est de fuir Paris et de trouver un appui auprès de son frère l’empereur Joseph II.
Bientôt, les forces principales de la contre-révolution se rassemblent dans l’émigration, dont les trois centres sont Milan, Londres et Coblence. Les émigrés arrivent par vagues successives, entre 1789 et 1794 ; nostalgiques de l’Ancien Régime, prêtres réfractaires et affairistes suspectés se constituent en armée qui, à défaut d’être efficace (comme l’illustre l’échec du débarquement à Quiberon, en juillet 1795), n’en semble pas moins redoutable aux révolutionnaires.