contre-révolution
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3. Les complots

Dès l’hiver 1789-1790, la contre-révolution se concrétise également par des complots dont l’ampleur et la portée sont variables. La conspiration du marquis de Favras (prévoyant l’enlèvement du roi des Tuileries après les journées d’octobre 1789), le rassemblement du camp de Jalès (premier rassemblement contre-révolutionnaire, le 18 août 1790), la conspiration des « chevaliers du poignard » (nouvelle tentative d’enlèvement de Louis XVI, le 28 février 1791) sont quelques exemples de ces tentatives sommairement conçues et rapidement réprimées. Cependant, ces affaires entretiennent dans l’opinion publique l’idée omniprésente d’un vaste « complot » des « noirs », complot qui reçoit en sous-main l’appui des modérés de l’Assemblée et celui des agioteurs. La stratégie de surveillance systématique des « ci-devant » privilégiés, stratégie promue par la presse révolutionnaire et dans les clubs radicaux, élargit le fossé entre les deux partis.

Depuis l’étranger, les émigrés participent également à des opérations d’espionnage multiples subventionnées en particulier par le Royaume-Uni de Grande-Bretagne (réseau de renseignements du comte d’Antraigues), qui trouve dans ces contre-révolutionnaires des recrues de choix pour l’aider à lutter contre la Révolution. Au total, la stratégie du complot est surtout efficace au moment de la réaction thermidorienne et du Directoire : la relative fragilité du pouvoir durant cette période et sa dépendance vis-à-vis des militaires facilitent la Terreur blanche et les tentatives (avortées) de prise du pouvoir notamment par Charles Pichegru et ses partisans, les « clichyens ».