| Grande Peur | Format lecture | ||||
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| 2. | Définition de la Grande Peur |
Selon la première étude historique faite par Georges Lefebvre (la Grande Peur de 1789, 1932), le mouvement de la Grande Peur serait parti de six foyers très localisés : Romilly (Champagne), Estrées (Picardie), La Ferté (Perche), Ruffec (Poitou), Louhans (Franche-Comté) et Saint-Florentin (Morvan). En fait, des recherches plus récentes ont démontré que les foyers ont été beaucoup plus nombreux. Souvent proches de zones qui ont connu des troubles agraires au printemps 1789, ces six foyers constituent néanmoins un échantillonnage assez complet du monde rural français. Seules quelques régions ont été épargnées par ces troubles — Languedoc, Lorraine, Alsace et Normandie par exemple.
Au point de départ, une rumeur affole les paysans. Le comte d'Artois (frère du roi et futur Charles X) va ravager le Limousin à la tête de son armée alors que des brigands italiens et anglais (étrangers en somme) dévastent les régions voisines. Pour leur résister, les paysans se rassemblent au son du tocsin et s'arment, diffusant de proche en proche l'appel à la résistance. Bientôt, devant reconnaître l'absence d'ennemis, ils retournent leur colère contre les nobles locaux, ces privilégiés qu'ils supposent avoir comploté. Partout, des groupes de paysans armés vont « sus aux châteaux » qu'ils investissent, brisant les armoiries, brûlant parfois les bâtiments, souvent les terriers dans lesquels sont enregistrés les droits féodaux ; certains nobles sont molestés, mais rares sont les exécutions. Ce phénomène se reproduit, pendant une quinzaine de jours à compter du 20 juillet, dans toute la France.