Grande Peur
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Grande Peur
4. Conséquences de la Grande Peur

À l'Assemblée nationale, les réactions à cette émotion sont ambiguës. D'un côté, celle-ci sait qu'elle doit sa reconnaissance à une sédition populaire et qu'elle doit au mécontentement profond des campagnes une partie de sa force — ce qui exclut toute répression systématique. Mais d'autre part, nombre d'élus du tiers état sont également propriétaires de seigneuries, ayant trouvé dans cet investissement l'aboutissement idéal d'une ascension sociale. De plus, ils sont viscéralement attachés au droit de propriété que remet partiellement en cause la destruction des terriers. Enfin, les élus de la noblesse, effrayés, insistent pour qu'un apaisement global intervienne au plus vite et, pour ce faire, acceptent de sacrifier une partie de leur patrimoine : celui, justement, auxquels les paysans se sont symboliquement attaqués. C’est la nuit du 4 août, compromis universel soigneusement mis en scène, qui signe l'abolition des privilèges et la fin de la féodalité tout en sauvant une partie des avantages financiers liés à la possession des fiefs.

La Grande Peur est donc d'une importance capitale dans le processus révolutionnaire de mise à bas de l'Ancien Régime : elle est l'impulsion décisive qui pousse les députés, dans un unanimisme quelque peu forcé, à en finir avec la société d'ordres.