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| 3. | Des réserves à l’abolition |
Au lendemain de ces journées révolutionnaires historiques, les privilèges ancestraux de l'État « féodal » sont détruits. Mais s’ils ont été abolis, c’est certes dans un mouvement de généreux enthousiasme, mais également et surtout dans un réflexe d'élémentaire prudence.
Sur le plan symbolique, l'abolition des corvées ou des droits de chasse est primordiale et augure une ère de démocratie ; sur le plan pratique en revanche, la majeure partie des paysans grevés de dettes à la suite de deux années noires aurait sans nul doute préféré une suppression du prélèvement seigneurial. À l'enthousiasme des députés parisiens s'oppose la rancœur croissante de la petite paysannerie qui doit attendre le 17 juillet 1793 pour que l'abolition totale, définitive et sans restriction des droits féodaux soit décrétée par la Convention : « Toutes redevances ci-devant seigneuriales, droits féodaux, censuels, fixes et casuels sont supprimés sans indemnité ».
Pourtant, quelques voix se sont immédiatement élevées pour montrer les limites des sacrifices consentis par les privilégiés (Jean-Paul Marat, Gracchus Babeuf ou Maximilien Robespierre) mais ces critiques sont restées sans écho.