sans-culottes
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3. Le sans-culotte, un militant

Lecteurs de l'Encyclopédie, les chefs politiques révolutionnaires marquent, jusqu'à la chute de Maximilien de Robespierre, leur attachement aux sans-culottes qui ont fait à Paris la Révolution nationale : mesure symbolique, le tutoiement démocratique est ainsi imposé durant la Terreur, remplaçant le servile vouvoiement. Quelques journalistes savent admirablement coller à ce peuple combattant et révolutionnaire : ainsi, Jean-Paul Marat — et son Ami du peuple — ou Jacques Hébert — et son Père Duchesne — en sont longtemps les porte-parole incontestés.

1. Un « sectionnaire » et un clubiste

Les sans-culottes se rassemblent dans les assemblées des sections et dans les clubs. Les assemblées des sections, organismes de la vie de quartier institués dès 1790, n'accueillent en principe que les citoyens actifs (c’est-à-dire les citoyens qui ont le droit de vote, contrairement aux citoyens passifs) ; cependant, le rôle joué par nombre d'ouvriers et petits artisans, ainsi que le fait qu'ils sont restés armés depuis 1789, leur donnent voix au chapitre. C’est parmi eux que se retrouvent les « enragés » de Jacques Roux et de Jean-François Varlet.

Les clubs surtout — club des Cordeliers, club de l'Évêché, société fraternelle des deux sexes, Club helvétique — sont l'instrument dont les sans-culottes se servent pour influencer la vie politique. Le club de l'Évêché, issu des Cordeliers, joue un rôle important dans la préparation du 10 août 1792, jour de la prise des Tuileries et de la chute de la monarchie. À partir de septembre 1792, le club des Jacobins renforce son caractère démocratique en ouvrant ses tribunes aux citoyens passifs : il devient dès lors le plus important des lieux de réunion pour les sans-culottes.

2. Un pétitionnaire et un émeutier

Les sans-culottes manifestent leurs revendications par le biais de pétitions des sections, dont des délégations assistent aux assemblées (Législative, puis Convention) ; il y a ainsi eu une succession de pétitions réclamant l'arrestation des chefs girondins avant leur mise en accusation et leur proscription (31 mai-2 juin 1793).

L'insurrection, la « journée », est le second moyen d'action. Le recours à la violence armée est fréquemment utilisé du 10 août 1792 aux vaines émeutes de germinal et prairial an III (avril-mai 1795). Les émeutiers, appuyés par les canons de la Garde nationale, viennent montrer leur force menaçante pour obtenir gain de cause. De leur détermination et de la capacité de résistance du pouvoir politique dépend le succès de la tentative : réel le 10 août 1792 ou le 2 juin 1793, il est nul sous la Convention thermidorienne.

3. Un acteur de la Terreur « robespierriste »

Avec la mise en place, en 1792 et 1793, des comités de surveillance, les sans-culottes ont un troisième moyen de pression sur le politique : la police et les tribunaux reçoivent par milliers les dénonciations des traîtres et conspirateurs supposés. Pour l'efficacité de la Terreur inaugurée par Maximilien de Robespierre, la surveillance révolutionnaire exercée par les sans-culottes est indispensable. Celle-ci abolie par la Convention thermidorienne vient le moment où les sans-culottes, privés du club des Jacobins, désarmés, fichés et suivis par une police remarquablement infiltrée, doivent abandonner leur pouvoir de pression. La République n’est alors plus ni sauvée, ni dirigée par leur colère, mais par l’action des militaires.