journée du 9 thermidor an II
Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer.
journée du 9 thermidor an II
3. Le jour de la chute de Robespierre

Depuis plusieurs semaines, Maximilien de Robespierre, membre prestigieux du Comité de salut public, s’aliène le Comité de sûreté générale en boycottant les séances de ce dernier comme celles de la Convention nationale. Le 8 thermidor an II (26 juillet 1794) pourtant, il prend la parole à la tribune de la Convention ; il y dénonce une « horde de fripons » distillés dans les rangs de l’assemblée (accusation non nominative de corruption et de manipulation parmi les députés et les membres du Comité de sûreté générale). À cette attaque virulente, une première réponse ne se fait pas attendre, par la voix de Joseph Cambon. Les adversaires du maître de la Terreur se réunissent ensuite dans la soirée afin de préparer une offensive concertée.

Le lendemain, le 9 thermidor, le « robespierriste » Saint-Just est interrompu dans son allocution par Jean-Lambert Tallien — que Robespierre a exclu des Jacobins quelques semaines auparavant — puis par Billaud-Varenne qui parle de régime tyrannique. L’offensive parlementaire se poursuit lorsqu’une huée de cris se met à couvrir le nouveau discours de Robespierre. Par les actions de Tallien, de Billaud-Varenne, de Fouché et de Louchet, l’Incorruptible est mis en arrestation, ainsi que son frère Augustin, Saint-Just, Couthon et Lebas. À ce moment, le maître de la Terreur imagine que les sans-culottes vont s’insurger pour lui venir en aide. Et en effet, une fois la séance levée, le tocsin est sonné à la demande de membres de la Commune de Paris ; le club des Jacobins se déclare également en insurrection, et seize des quarante-huit sections de la Commune envoient des hommes soutenir les robespierristes. Grâce à la pression de la rue, les députés sont libérés et se rassemblent à l'Hôtel de Ville. Mais les sans-culottes — sans doute lassés par la radicalisation de la Terreur — se dispersent vers une heure du matin, le 10 thermidor. La Convention revient à la charge, mettant Robespierre et ses partisans hors la loi. Alors que les gendarmes investissent l'Hôtel de Ville dans la nuit, la confusion règne dans le bâtiment ; Lebas se suicide tandis que Robespierre — blessé à la mâchoire par un coup de pistolet —, Saint-Just et Couthon tombent aux mains des conventionnels. Épurés, le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale demandent conjointement au Tribunal révolutionnaire de faire justice.

Le 10 thermidor et les jours qui suivent, 106 députés, dont Robespierre, passent sur l’échafaud ; le dernier partisan avéré de l’Incorruptible, le vice-président du Tribunal révolutionnaire Coffinhal, meurt guillotiné le 18 thermidor.