| journée du 9 thermidor an II | Format lecture | ||||
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| 4. | Le glas de la Révolution ? |
Les rivalités entre le Comité de salut public et le Comité de sûreté générale, les rivalités internes au Comité de salut public, la faiblesse du mouvement sectionnaire au sein de la Commune de Paris et, dans le cadre économique d'une crise profonde, la lassitude probable des sans-culottes devant la radicalisation de la « Grande Terreur », les tensions au sein même de la Montagne entre modérés (réels ou de circonstance) et radicaux expliquent sans doute la passivité des partisans de Robespierre lors de sa mise en accusation. Le peuple semble las du radicalisme et des débordements du régime révolutionnaire. D’ailleurs, parmi les accusateurs de Robespierre, il y a paradoxalement une majorité de Montagnards, dont la moitié fait partie en l'an III des « derniers Montagnards ».
Moment clé dans l'histoire révolutionnaire, le 9 Thermidor marque un tournant décisif au même titre que la prise de la Bastille, la nuit du 4 août ou la proscription des Girondins. Plus encore, pour nombre de révolutionnaires (et à leur suite d’historiens), le 9 Thermidor, c’est surtout la fin de la Révolution. Après cette date s’évapore en effet l’utopie d’une République démocratique et égalitaire (le suffrage universel est remplacé par le suffrage censitaire) ; la « République de la Vertu » rêvée par Robespierre cède la place aux élans les plus modérés lors de la « réaction thermidorienne », période durant laquelle revendications royalistes et / ou glissement vers le césarisme — dont Napoléon Bonaparte se fait bientôt le héraut — s’épanouissent progressivement.