République, IVe
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République, IVe
4. La naissance de l'Europe communautaire

Le plan Marshall et l’Organisation européenne de coopération économique (OECE) chargée de la répartition de cette aide furent à la base de la création d’une Europe communautaire. Celle-ci reposait aussi sur une idée européenne antérieure au second conflit mondial que les partis démocrates-chrétiens relayèrent après la victoire alliée dans toute l’Europe. Le « discours de l’Horloge » de Robert Schuman (9 mai 1950) proposait la création d’une « haute autorité » supranationale pour la « mise en commun des productions de charbon et d’acier » comme première étape vers une « Europe organisée et vivante ». L’Allemagne fédérale, puis l’Italie et le Benelux cautionnèrent le projet, et le traité de Paris, instituant la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA), fut signé en avril 1951 et ratifié par la France en décembre. Cette première étape, qui avait reçu le soutien des États-Unis et entraîné les protestations vigoureuses et inefficaces des communistes, fut suivie par la tentative de mettre en place une Communauté européenne de défense (CED). Signée par les gouvernements en juin 1952, la ratification en fut refusée par le Parlement français (communistes et gaullistes) le 30 août 1954. Après cet échec, la conférence de Messine de juin 1955 constitua un comité pour préparer une intégration économique de l’Europe sous la direction du Belge Paul Henri Spaak, avec l’appui déterminé de Jean Monnet. Les tensions internationales de 1956 (crise de Suez et révolution hongroise) montrèrent l’urgence de l’intégration européenne : le 25 mars 1957, les partenaires de la CECA créèrent deux autres communautés : la Communauté économique européenne (CEE) et la Communauté européenne de l’énergie atomique (CEEA). L’industrie lourde, l’énergie nucléaire, le commerce et l’agriculture comprise dans la CEE (politique agricole commune, PAC) étaient désormais placés sous le contrôle d’institutions supranationales : la Commission, instance de proposition et d’exécution ; le Conseil des ministres, instance de décision conditionnée par l’unanimité ; le Parlement composé d’élus nationaux, dont le rôle n’était que consultatif. Une Cour européenne de justice était également créée. Trois capitales furent choisies : Bruxelles (Commission et Conseil), Luxembourg (Cour de justice) et Strasbourg (Parlement).

Le traité de Rome (1957), qui ouvrait véritablement une ère géopolitique nouvelle pour la France, fut très rapidement suivi d’effets en matière commerciale et atomique ; la PAC fut définie précisément en 1962. Mais le succès de l’entreprise communautaire montrait la puissance d’initiative conservée par la France qui, par Jean Monnet et Robert Schumann, fut véritablement, avec l’Allemagne de Konrad Adenauer, la cheville ouvrière de la construction européenne.