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Stavisky, affaire

Stavisky, affaire, scandale politique et financier qui ébranla la IIIe République, en 1933-1934.

Le 24 décembre 1933, la police arrêta le directeur du Crédit municipal de Bayonne : il avait émis pour deux cent millions de faux bons de caisse, dont il avait fait bénéficier entre autres un parlementaire, le radical Garat, qui avait cautionné l'opération. Remontant à la source, la police découvrit que le Crédit municipal de Bayonne avait été créé par Alexandre Stavisky, homme d'affaires déjà plusieurs fois mêlé à des escroqueries. Pour fonder en 1931 cette entreprise, il avait obtenu l'appui de plusieurs parlementaires souvent radicaux comme Dalimier, Bonnaure ou Renault. La police retrouva Stavisky mystérieusement « suicidé » (le doute subsiste encore à ce sujet) à Chamonix.

Le scandale fut immense : la presse de droite s'en empara contre les radicaux, développant le thème du « tous pourris », cependant que l'Action française dénonçait la « république de voleurs et d'assassins » : ce climat fut celui dans lequel se déroula la manifestation du 6 février 1934.

L'affaire Stavisky avait en effet révélé des collusions entre les milieux politiques les plus anciennement installés au pouvoir, ceux du radicalisme ; les milieux du « tout Paris » que fréquentait assidûment Stavisky ; le « milieu », enfin, de la pègre. Cette affaire constitua un argument majeur dans la campagne antiparlementaire, nationaliste et antisémite (Stavisky était un juif d'origine russe) menée par la presse des ligues et de la droite nationaliste. Elle montrait avec évidence l'usure d'un système miné par la crise économique et incapable de résister fermement aux entreprises de déstabilisation internes et externes.