| Barnave, Antoine | Format lecture | ||||
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| 2. | Un fervent patriote… |
Né à Grenoble, issu d’une famille protestante bourgeoise, Antoine Pierre Joseph Marie Barnave devient avocat au Parlement de Grenoble à l’âge de vingt ans. Très actif lors des événements pré-révolutionnaires de 1788 dans la région — il participe à la journée des Tuiles (7 juin) et semble être l’un des initiateurs de l’assemblée de Vizille (juillet) —, il est élu pour représenter le tiers état aux États généraux de 1789. Lors des réunions, le jeune avocat se distingue très vite par ses talents d'orateur. Avec ses amis Lameth et Duport, il forme un « triumvirat » patriote, s'opposant notamment au comte de Mirabeau et au marquis de La Fayette, en particulier sur la question des prérogatives royales — il est partisan d’un veto suspensif et non absolu. Défenseur de l’idée d’une Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (adoptée le 26 août 1789), rédacteur du règlement de la Société des amis de la Constitution (le club des Jacobins), Barnave se positionne à cette époque comme un patriote radical.
Élu président de l’Assemblée constituante le 25 octobre 1790 (parallèlement à son mandat de maire de Grenoble), Antoine Barnave infléchit progressivement sa position vers plus de conservatisme, se déclarant notamment hostile au suffrage universel et à l'abolition de l'esclavage dans les colonies — ce qui lui attire les foudres de la Société des amis des Noirs. Néanmoins en janvier 1791, face à la vindicte des démocrates, Antoine Barnave impose aux prêtres un serment immédiat à la Constitution civile du clergé.