| Grégoire, l'abbé | Format lecture | ||||
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| 2. | Le défenseur des droits des minorités |
Né à Vého près de Lunéville, Henri Baptiste Grégoire, fils d'un modeste artisan lorrain, entre chez les jésuites de Nancy où il reçoit une éducation conservatrice. Ordonné prêtre (1775), curé du petit village lorrain d'Embermesnil (1782), il s’enquiert des idées philosophiques de l’époque à l’occasion de ses nombreux voyages en France et à l’étranger — notamment en Suisse et dans les États allemands. En 1788, le prêtre se fait connaître en réclamant pour les juifs un statut assurant leur dignité dans son Essai sur la régénération physique, morale et politique des juifs.
Élu député du clergé aux États généraux, il est l'un des premiers ecclésiastiques à rejoindre les députés du tiers état en juin 1789. Grégoire, membre du club breton (le futur club des Jacobins), se lie d’amitié avec les patriotes Antoine Barnave, Pétion de Villeneuve et Maximilien de Robespierre. Élu à la Constituante, très actif lors de la nuit du 4 août 1789, il demande vainement, lors de la discussion préparatoire à l'adoption de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, que soit parallèlement élaborée une déclaration des devoirs. En janvier 1790, il devient le président de la « Société des amis des Noirs » de Brissot de Warville, qui milite pour la suppression de l’esclavage dans les colonies. Et, en septembre 1791, il réussit à faire consacrer le principe de l'égalité civile pour les juifs.