Grégoire, l'abbé
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Grégoire, l'abbé
3. Le prêtre assermenté

Premier ecclésiastique à prêter serment à la Constitution civile du clergé dès décembre 1790, Grégoire est élu évêque constitutionnel quelques semaines plus tard et s’installe à Blois (février 1791). Mandaté par le département du Loir-et-Cher pour intervenir à la Législative, il se prononce dès la première séance pour l'instauration de la République. Lors du procès de Louis XVI en décembre 1792-janvier 1793, le député conventionnel est en mission en Savoie pour organiser le département du Mont-Blanc. Il fait alors savoir à la Convention qu'il approuve la condamnation du roi mais, du fait de sa foi, qu’il se refuse à voter la mort — il n’en sera pas moins accusé de régicide durant la Restauration.

Incessante, son action politique se développe en faveur de la promotion du français, qu'il cherche à rendre obligatoire dans l'enseignement, l'unité linguistique devant selon lui faciliter la cohésion de la République. Il travaille également en faveur de l'instruction publique : il est à l'origine de la création du Conservatoire des arts et métiers (29 septembre 1794), du Bureau des longitudes (25 juin 1795) et de l'Institut de France (25 octobre 1795), dont il fait partie. Enfin, il poursuit sa lutte pour l'égalité et c'est à son initiative qu’est votée l'abolition de l'esclavage le 4 février 1794.

Liant la lutte pour l'égalité au combat pour la liberté religieuse, l’abbé Grégoire s'occupe, au sortir du régime de Terreur mis en place par Robespierre, de réorganiser l'Église constitutionnelle. À cet effet, il réunit deux conciles nationaux (1797 et 1801) et s'efforce de trouver un accord avec les prêtres réfractaires qui ont refusé la Constitution civile du clergé. Initiateur d'une vaste enquête sur les problèmes de l'Église, il publie en 1799 un Projet de réunion de l'Église russe à l'Église latine. Membre du Conseil des Cinq-Cents (entre 1795 et 1798), puis du Corps législatif (1800) et du Sénat (1801) pendant le Consulat, il est obligé de démissionner de son évêché après la signature du Concordat de 1801, qu'il refuse d'accepter : il doit jusqu'à sa mort faire suivre son nom de la mention « évêque constitutionnel de Blois ».