Guise, maison de
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Guise, maison de
4. Le temps de la Ligue

Le fils aîné de François de Guise, Henri Ier de Lorraine, marquis de Mayenne, prince de Joinville (1549-1588), lui succéda comme duc de Guise. Élevé dans la haine des protestants, il apprit le métier des armes au service de l'empereur et se distingua dans la guerre contre les Turcs. Revenu en France après la reprise des hostilités entre protestants et catholiques, il s'illustra à Jarnac (1569), à Moncontour et à Poitiers. La paix de Saint-Germain (1570), consacrant l'influence de Coligny, le rapprocha de la reine mère. Le 22 août 1572, après l'échec d'un attentat contre Coligny, qui risquait de révéler la collusion entre les Guises et Catherine de Médicis, celle-ci obtint de son fils qu'il ordonne le massacre de la Saint-Barthélemy.

Nommé gouverneur de la Champagne, Henri de Guise fut blessé à la bataille de Dormans contre l'armée de Condé (10 octobre 1575), ce qui lui valut de porter, après son père, le sobriquet de Balafré. L'année suivante, après que le nouveau roi Henri III eut signé, à Beaulieu, la « paix de Monsieur », le duc de Guise prit la tête de la Ligue formée par les nobles catholiques, hostiles à tout compromis avec les huguenots. En 1584, la mort de François, duc d'Anjou et frère d'Henri III, qui faisait du protestant Henri de Navarre l'héritier du trône, radicalisa encore la Ligue. En décembre, Henri de Guise, de plus en plus inquiet de l'attitude d'Henri III, qu'il trouvait trop conciliant, signa avec Philippe II d'Espagne le traité de Joinville, qui disposait que jamais un prince non catholique ne pourrait devenir roi de France.

Ses nouvelles victoires, remportées en novembre 1587 sur les protestants allemands, à Auneau et à Vimory, accrurent encore la popularité du duc de Guise, et firent de lui le rival du roi, dont il ne se cachait plus de briguer la succession, au nom d'une hypothétique ascendance carolingienne. Malgré l'interdiction du roi, il fit son entrée à Paris, tandis que la Ligue s'y soulevait en sa faveur ; le 12 mai 1588, au cours de la journée des Barricades, le parti catholique offrait la couronne à Henri de Guise qui, par un reste de loyalisme, la refusa et laissa Henri III fuir la capitale. Celui-ci, feignant de se soumettre aux exigences de la Ligue, nomma le Balafré lieutenant général du royaume le 4 août 1588, mais, l'ayant attiré à Blois où se tenaient les états généraux, il le fit assassiner le 23 décembre 1588 par sa garde personnelle. Le lendemain, le frère du Balafré, Louis II de Guise, cardinal de Lorraine (1555-1588), président du clergé aux états généraux, subissait le même sort, et son corps fut jeté dans la Loire.