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« Précieux », « précieuse », « préciosité » |
Dérivé du terme latin pretiosus, « qui a du prix, coûteux », l’adjectif « précieux » a d’abord au Moyen Âge le sens religieux de « vénérable » avant de caractériser quelque chose de coûteux ou une personne qui est respectable. C’est au xviie siècle, en 1659 avec Molière, que l’adjectif « précieux » qualifie quelque chose ou quelqu’un de raffiné, « qui a du prix ». Très vite ce raffinement se précise et s’attache à l’habillement, au langage, et aux manières (1669). La première attestation du substantif « précieuse » date de 1654 : « Il y a une nature de filles et de femmes à Paris que l’on nomme ‘précieuses’, qui ont un jargon et des mines avec un détachement merveilleux : l’on en a fait une carte pour naviguer en leur pays » (lettre du Chevalier Renaud de Sévigné à Christine de France, duchesse de Savoie). Très vite ce substantif féminin qualifie des femmes du grand monde raffinées (aristocrates et parfois bourgeoises) affectant dans leurs manières, leurs discours et leurs sentiments une délicatesse parfois jugée excessive. En 1659, le substantif masculin est également avéré tandis que l’appellation prend une connotation péjorative. Quant au terme « préciosité », il désigne les manières « affectées » des précieux et précieuses à partir de 1664. Les emplois de « préciosité » pour définir le courant littéraire et de pensée sont tardifs (1881 et 1888).
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