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Les origines de la préciosité : l’hôtel de Rambouillet |
Dès le xvie siècle divers courants européens « précieux » émergent : l’euphuisme, initié par John Lyly (v. 1554-1606) à la cour d’Élisabeth Ire d’Angleterre, et surtout le marinisme hérité de la poésie de Giambattista Marino et le gongorisme, dans la lignée de l’œuvre de Luis de Góngora y Argote. En France, il existe déjà depuis le Moyen Âge une tradition « précieuse » qui s’est traduite par la galanterie et la courtoisie par exemple ou par une certaine poésie lyrique. Cependant, sous le règne d’Henri IV, les manières à la cour sont on ne peut plus grossières. Quelques aristocrates et gens de lettres, pour fuir ces manières rustres, se réunissent dans des salons. Ces cercles, la plupart du temps tenus par des femmes qui reçoivent qui elles veulent dans leur ruelle (espace situé entre le mur de leur chambre et leur lit où elles se tiennent), réunissent des mondains et des grands esprits afin de cultiver le bon goût et le raffinement tant langagier que moral et vestimentaire. L’hôtel de Rambouillet, tenu par Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet (appelée dans son salon Arthénice — anagramme de Catherine), est le salon qui a connu la plus grande longévité (1607-v. 1660) et le cercle le plus « brillant » (Madame de Rambouillet y reçoit de grands aristocrates et intellectuels : le grand Condé, le duc de La Rochefoucauld, Vincent Voiture, Gilles Ménage, Madeleine de Scudéry, parfois Pierre Corneille, la marquise de Sévigné ou Madame de La Fayette, etc.). C’est dans ces lieux confinés, où se rencontrent tous ceux qui fuient la cour, que naît ce que l’on a appelé plus tard la préciosité.
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