salons littéraires
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salons littéraires
3. Le xviie siècle : l’effervescence des salons

À Paris, au début du xviie siècle, sous le règne d’Henri IV, les manières à la cour sont on ne peut plus grossières. Quelques aristocrates et gens de lettres, pour fuir ces manières rustres, se réunissent dans des salons. Ces cercles, la plupart du temps tenus par des femmes qui reçoivent qui elles veulent dans leur ruelle (espace situé entre le mur de leur chambre et leur lit, où elles se tiennent), réunissent des mondains et des grands esprits afin de cultiver le bon goût et le raffinement tant langagier que moral et vestimentaire. Ces salons confinés, où se rencontrent régulièrement (souvent de façon hebdomadaire) des personnalités de l’aristocratie, de la politique, des lettres et des arts pour des conversations littéraires, morales, galantes ou philosophiques, sont le lieu d’une grande effervescence intellectuelle.

1. L’hôtel de Rambouillet

L’hôtel de Rambouillet, tenu par Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet (appelée dans son salon Arthénice — anagramme de Catherine), est le salon qui connaît la plus grande longévité (1607-1660) et le cercle le plus « brillant » (Madame de Rambouillet y reçoit de grands aristocrates et intellectuels : le grand Condé, le duc de La Rochefoucauld, Vincent Voiture, Gilles Ménage, Madeleine de Scudéry et parfois Pierre Corneille, la marquise de Sévigné ou Madame de La Fayette, etc.).

2. Le salon de Valentin Conrart, devenu l’Académie française

Un autre salon important est celui de Valentin Conrart qui, recevant beaucoup de personnalités de valeur, attire l’attention de Richelieu. Ce dernier a alors l’idée de créer un « salon » officiel, « une compagnie de personnes libres et détachées de l’obligation d’instruire le public, qui voulussent joindre ensemble leur étude et leur travail », qui devient l’Académie française en 1634 (voir Institut de France). Après quelques réunions au domicile de Valentin Conrart, Richelieu officialise l’Académie française et l’installe à la Chancellerie.

3. L’effervescence des années 1650-1660 : la préciosité

À partir des années 1650, de nouveaux salons s’ouvrent à Paris, ceux de Mesdames Sablé, Scarron (future Madame de Maintenon), de Choisy, de la comtesse de la Suze, la duchesse de Longueville, de Mesdemoiselles de Montpensier, de Sully ou de Scudéry. D’autres salons s’ouvrent également en province, à Lyon, Riom, Montpellier ou Grenoble. Entre 1652 et 1659, Mademoiselle de Scudéry (appelée Sapho dans son salon), qui a brillé par sa culture et son esprit chez Madame de Rambouillet, reçoit à son tour dans son propre salon chaque samedi de nombreuses personnalités mondaines et littéraires. Très vite devenu le salon « à la mode », dans lequel se presse tout un chacun, le salon de Mademoiselle Scudéry, moins mondain et plus intellectuel que ses prédécesseurs, est le lieu où il faut être pour commenter avec esprit les potins et surtout les faits littéraires, où se tiennent des débats sur l’amour idéal et où s’organisent des joutes poétiques où l’on sublime l’amour. Mademoiselle de Scudéry est l’une des premières personnalités que l’on appelle « précieuse ». C’est grâce à elle que la littérature précieuse — caractérisée par la rareté du lexique et par une sophistication extrême de la tournure —, se propage dans les milieux mondains. L’influence des salons de cette période sur l’évolution des usages et des goûts littéraires au xviie siècle est considérable.

4. La fin du xviie siècle

D’autres salons connaissent un certain succès à la fin du xviie siècle, comme celui de Ninon de l’Enclos qui a lieu chaque jour de cinq à neuf heures de l’après-midi et où se retrouvent tous les grands noms de la littérature de cette époque. Celle que l’on appelait « Notre Dame des Amours », parce qu’elle a eu de nombreux amants, a conseillé Molière pour son Tartuffe et a soutenu le jeune Voltaire en lui léguant, à sa mort, mille francs afin qu’il s’achète des livres.