Vergniaud, Pierre Victurnien
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Vergniaud, Pierre Victurnien
2. L’« aigle de la Gironde »

Fils d'un marchand aisé de Limoges, Pierre Victurnien Vergniaud abandonne par manque de vocation sa première formation (religieuse) pour suivre des études de droit. En 1782, il s'établit comme avocat au parlement de Bordeaux. Lecteur de Locke, Montesquieu et Rousseau, il accueille favorablement la Révolution et entre dans l’armée patriote bordelaise dès juillet 1789. L’année suivante, il fonde avec Jean-François Ducos (1765-1793) l’antenne bordelaise du club des Jacobins.

Élu député à l’Assemblée législative en même temps que son ami Ducos, Pierre Vergniaud intègre le club des Jacobins de la capitale au cours de l’automne 1791. Il adapte la tradition des salons philosophiques en ouvrant ses appartements place Vendôme aux proches de Brissot de Warville, avec lequel il se lie. Orateur d’exception, le jeune « brissotin » se révèle à l’Assemblée dès le 25 octobre par un brillant discours contre l’émigration. Son art de l’éloquence — qui fait de lui l’un des plus grands orateurs de l’histoire parlementaire — lui vaut bientôt le surnom d’« aigle de la Gironde » et participe de l’appellation de « Girondins » pour désigner ses partisans. En janvier 1792, Pierre Vergniaud se prononce pour la guerre contre les monarchies européennes : « Citoyens, hommes libres, défendez votre liberté, assurez l’espoir de celle du genre humain ou bien vous ne mériterez pas même sa pitié dans vos malheurs. » Bien qu’il contribue à la formation du gouvernement girondin (constitué le 15 mars 1792), il n’y participe pas, préférant travailler à sa députation au sein de l’Assemblée. Ardent patriote, il prend position contre les prêtres réfractaires à la Constitution civile du clergé, se dresse contre le roi Louis XVI après sa tentative de fuite et son arrestation à Varennes (discours du 3 juillet 1792) et contre le marquis de La Fayette, provoquant la déclaration de « la patrie en danger », le 11 juillet 1792. Puis curieusement, il se rapproche du roi lorsqu’il pressent une radicalisation possible de la Révolution.