| daguerréotype | Format lecture | ||||
| Dans le menu Fichier, cliquez sur Imprimer. | |||||
| 3. | Le procédé originel de Daguerre |
Le procédé du daguerréotype mis au point par Jacques Daguerre permet d’obtenir une image sur une plaque de cuivre argentée.
| 1. | Préparation de la plaque |
Pour être sensible à la lumière, la plaque de cuivre — recouverte sur une face d’une couche d’argent (nitrate d’argent) polie — est d’abord exposée à des vapeurs d’iode. Celles-ci forment, en se combinant avec l’argent, la substance photosensible (iodure d’argent).
| 2. | Prise de vue |
Une fois cette préparation terminée, l’image doit être prise rapidement. La plaque est alors exposée face au sujet, qui va réfléchir les rayons lumineux. Dans les zones insolées, les cristaux d’iodure d’argent se transforment en argent métallique et forment l’« image latente ». Pour qu’il y ait formation d’une image, l’exposition doit être longue (environ quinze minutes) et le sujet intensément éclairé, car la sensibilité de l’iodure d’argent est faible.
| 3. | Traitement final de la plaque |
Après la prise, le traitement de la plaque nécessite encore des soins rigoureux. La plaque impressionnée est disposée dans une boîte contenant une cuve de mercure chauffé. Dans les zones exposées (où se trouve l’« image latente »), les vapeurs de mercure se combinent avec l’argent (amalgame) et forment un dépôt blanchâtre qui correspond aux parties claires de l’image. Sur les parties non insolées, il n’y a pas constitution d’amalgame. Afin de fixer l’image, la plaque est ensuite trempée dans une solution d’hyposulfite de sodium peu concentrée (ou, plus simplement, dans une solution salée au sel de cuisine). L’iodure d’argent n’ayant subi aucune transformation est alors dissous — formant ainsi les ombres de l’image.
| 4. | Résultat et limites du daguerréotype |
Le daguerréotype fournit une étonnante précision dans la restitution des détails et une grande diversité de niveaux de gris. Mais des caractéristiques désavantageuses sont inhérentes au procédé : l’image est inversée, l’exemplaire est unique et la contemplation difficile. En effet, suivant l’incidence de la lumière et l’angle d’inclinaison, l’observateur peut voir l’image comme un positif ou comme un négatif, voire un mélange des deux.
Les longues minutes de pose excluent l’enregistrement des sujets mobiles. C’est la raison pour laquelle les premiers daguerréotypes sont plutôt des natures mortes (Intérieur d’un cabinet de curiosités, Jacques Daguerre, 1837) et des vues urbaines (Vue du boulevard du Temple, à Paris, Jacques Daguerre, 1839). Ainsi, la Vue du boulevard du Temple, à Paris n’enregistre pas les piétons ou les fiacres ; seuls subsistent un cireur de chaussures et son client immobile pendant l’opération. Le portrait nécessite quant à lui que la tête du modèle soit maintenue à l’aide d’un appui ; cependant le sujet, qui ne peut s’empêcher de ciller des yeux, présente à l’image un regard morne. La correspondance de Jacques Daguerre mentionne néanmoins des tentatives de portraits « assez bien réussis » dès 1835 (M. Huet, 1837, le plus ancien portrait photographique conservé). Dernière particularité du daguerréotype, la plaque fragile doit se conserver sous verre.