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Crevel, René

Crevel, René (1900-1935), écrivain français, qui a pris part aux manifestations du mouvement surréaliste tout en conservant son libre arbitre et son esprit critique.

Ami de Marcel Arland, Georges Limbour, Max Morise et Roger Vitrac, rencontrés au cours de son service militaire, il participe à la fondation de la revue Aventure en 1921, puis publie ses premiers romans, marqués par un sentiment de révolte qui semble ne pouvoir s’apaiser que dans la violence ou l’acceptation de la folie :Détours, (1924) ; Mon corps et moi, (1925) ; la Mort difficile, (1926). Bien que souvent en désaccord avec les pratiques surréalistes (notamment à propos de l’écriture automatique, qu’il refuse de considérer comme un procédé de désaliénation du langage), il reste toujours en contact avec le groupe d’André Breton, se révélant même, dans certains de ses essais (l’Esprit contre la raison, 1927 ; Paul Klee, 1930 ; Dalí ou l’Anti-obscurantisme, 1931 ; le Clavecin de Diderot, 1932), un des théoriciens et des pamphlétaires les plus vigoureux du mouvement. Avec Babylone (1927) et Êtes-vous fou ? (1929), rompant avec l’écriture plus traditionnelle de ses premiers récits, il crée une forme romanesque expérimentale qui se propose de réconcilier le rêve et l’action, tandis qu’avec les Pieds dans le plat (1933), qui fait littéralement exploser le genre romanesque, il tend à explorer les motifs profonds de sa révolte et de son engagement marxiste. Profondément attristé par la rupture intervenue entre les surréalistes et les communistes, atteint de tuberculose et obsédé de manière récurrente par l’idée de la mort, il se suicide, en appliquant à la lettre le scénario imaginé dans son premier roman.