| Delteil, Joseph | Format lecture | ||||
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| 3. | « J’ai le cœur paysan et l’esprit surréaliste : c’est un bon contrepoids » |
En 1920, Joseph Delteil monte à Paris. Pour gagner un peu d’argent, il devient nègre au service du sous-secrétaire d’État à la marine marchande. Parallèlement, il fait lire ses poèmes à Henri de Régnier, à qui il dédie le Cygne androgyne (1921), son second recueil publié par Élie Richard. La même année, il rencontre Pierre Mac Orlan, avec lequel il lie une profonde amitié. En 1922, il publie Sur le fleuve Amour, son premier roman qui obtient un certain succès. Louis Aragon admire son style et l’intronise auprès des surréalistes. Jospeh Delteil rencontre André Breton, Francis Picabia, Robert Desnos, et les peintres Robert et Sonia Delaunay. Choléra confirme son succès en 1923. Le style original de Delteil se caractérise alors par la verdeur d’un langage où « les mots se font chair », à la limite de l’impudeur. Ainsi, reprenant la formule des surréalistes « Les mots font l’amour », il déclare : « Les mots me sont femmes. Je les baise. »
Il quitte son emploi à la fin de l’année 1923 et se consacre totalement à l’écriture. En 1924, il participe avec Pierre Drieu la Rochelle, André Breton et Louis Aragon à la rédaction d’un pamphlet contre Anatole France, Un cadavre, puis collabore à la revue surréaliste Littérature. Il obtient le prix Femina en 1925 avec Jeanne d’Arc, qui fait scandale. Sa passion pour ce personnage, à une époque où l’extrême droite en fait déjà son porte-drapeau, lui vaut d’être définitivement exclu du second Manifeste des surréalistes. Sa rupture avec André Breton et le mouvement intervient peu de temps après la parution des Poilus, en 1926. Joseph Delteil continue néanmoins de s’intéresser aux grandes figures légendaires (Napoléon est publié en 1929 et [Saint] Don Juan en 1930), puis rencontre Caroline Dudley, directrice de la Revue Nègre, qu’il épouse en 1937.