Desnos, Robert
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Desnos, Robert
3. Un dormeur inspiré

De retour en France en 1922, Robert Desnos fait la connaissance d’André Breton par l’intermédiaire de son ami Benjamin Péret. Le mouvement surréaliste est alors en train d’éclore. Avec ses amis André Breton, Louis Aragon, Benjamin Péret, René Crevel ou Paul Éluard, Desnos se livre sans frein aux procédés de l’écriture automatique et aux récits de rêve ; il se révèle même le plus inspiré des « dormeurs » lors des expériences de « sommeil » hypnotique menées par René Crevel. De cette période d’expérimentation verbale, la plus fameuse est « Rrose Sélavy » (1922-1923), inspirée par l’« altière égo » de Marcel Duchamp que Robert Desnos considère comme son initiateur (« Rose aisselle a vit. / Rrose, essaie là, vit. / Rôts et sels à vie. Rose S, L, have I. /Rosée, c’est la vie. […] Rrose est-ce aile, est-ce elle ? / Est celle / AVIS »). En 1924, dans le Journal littéraire, Breton déclare : « Le surréalisme est à l’ordre du jour et Desnos est son prophète. ».

En 1926, Desnos publie « À la mystérieuse », poème qui se révèle être l’une des plus belles illustrations de l’image poétique telle que la définit et l’exalte le surréalisme. Il est également l’auteur de romans, Deuil pour deuil (1924), la Liberté ou l’Amour (1927), proses poétiques qui sont autant de traversées des domaines du rêve, rapportées — selon le mot de Breton — sous « dictée psychique ». De 1924 à 1929, il est rédacteur pour la revue la Révolution surréaliste et, parallèlement, cumule toutes sortes de petits métiers, notamment coursier puis journaliste au journal Paris-soir.