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Jammes, Francis

Jammes, Francis (1868-1938), poète français contemporain des symbolistes, qui, bien que découvert par Mallarmé, demeura en marge de tout courant. Né à Tournay dans le Béarn, il ne quitta sa région d'origine que pour vivre à Hasparren dans le Pays basque. Il mena une calme vie provinciale de clerc de notaire, auprès de sa mère qu'il rejoignit à Orthez après des études à Bordeaux. Ses premiers poèmes publiés sous forme de plaquettes (1894), qui contrastaient, par la simplicité de leur style et de leurs sujets, avec le symbolisme déjà déclinant, attirèrent l'attention de Mallarmé, de Gide et d'Henri de Régnier. La revue le Mercure de France, lança le « jammisme » comme une mode. Entre 1898 et 1902 alternèrent les recueils de poèmes en vers libres (De l'angelus de l'aube à l'angélus du soir ; le Deuil des primevères, le Triomphe de la vie), et les nouvelles romanesques (Clara d'Ellébeuse ; Almaïde d'Étremont). Il voyage à Paris, en Provence, en Belgique. De 1906 datent à la fois sa conversion au catholicisme, due à un pèlerinage au Cayla et à l'influence de Paul Claudel, et son choix du vers régulier, notamment de l'alexandrin (Clairières dans le ciel). Après la mort de son ami Charles Guérin, il continua de chanter la vie simple dans les Géorgiques chrétiennes (1912), puis dans les Quatrains (1923-1925) et De tout temps à jamais (1935), longs poèmes narratifs en décasyllabes. Sa poésie s'est imposée par la nouveauté de sa fraîcheur. Sans recherche de style apparente, elle chante les menus incidents et les objets ordinaires de la vie quotidienne. Le poète y exprime son amour pour la vie, pour la nature et pour les animaux. Mais celui qui se définissait lui-même comme « une âme très simple et très compliquée » évoque aussi son enfance, les rêves d'aventures ou les voyages qu'il n'a pas faits. Son lyrisme discret se teinte d'humour, mais n'ignore pas la mélancolie. Il est avant tout la libre expression d'une sensualité heureuse. D'abord à l'avant-garde par son choix du vers libre, qu'il a emprunté aux symbolistes, il considère ensuite la pureté de l'alexandrin nécessaire à l'expression de sa dévotion religieuse.