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Barbara
1. Présentation

Barbara (1930-1997), auteur, compositeur et interprète française.

2. La « chanteuse de minuit »

Née à Paris, Monique Serf, dite Barbara, étudie le piano et le chant en auditrice libre au Conservatoire de Paris, puis fait ses débuts à la scène — à dix-neuf ans — comme figurante dans les opérettes du Théâtre Mogador. Elle découvre la chanson, au tout début des années cinquante, en écoutant un disque d’Édith Piaf. Commence alors un exil volontaire de plusieurs années à Bruxelles, où elle se produit comme pianiste chantante dans divers cabarets, entre 1951 et 1957, et où elle enregistre un premier 78 tours reprenant « Mon pote le Gitan » et « l’Œillet blanc ». À partir de 1958, elle s’installe à l’Écluse, où elle devient « la chanteuse de minuit », jusqu’en 1963, au lendemain du succès de l’album Dis, quand reviendras-tu ?, son premier disque essentiellement composé de créations personnelles. Car, jusque-là, Barbara s’était surtout spécialisée dans les reprises, consacrant un 33 tours (25 cm) entier aux chansons de Georges Brassens (1960, Grand Prix du disque en 1961), et un autre à celles de Jacques Brel (1961).

3. « Barbara chante Barbara »

Sa première chanson entièrement personnelle, « Chapeau bas », date de 1961 ; elle est bientôt suivie par une kyrielle de réussites telles que « Nantes », « Attendez que ma joie revienne », « Ce matin-là », « Dis, quand reviendras-tu ? », « Pierre », « À mourir pour mourir », « Au bois de Saint-Amand », etc., qui vaudront à l’album Barbara chante Barbara le prix de l’académie Charles-Cros en 1965. En 1966-1967, son premier passage en vedette à Bobino lui donne l’occasion de créer ce qui restera, sinon son plus gros succès (il y aura « l’Aigle noir », par la suite), du moins sa chanson la plus emblématique : « Ma plus belle histoire d’amour ».

4. « L’Aigle noir » et l’envol vers le succès

À partir de 1970 et de l’immense succès de « l’Aigle noir » (sur l’album du même nom), celle que beaucoup considéraient comme une chanteuse intellectuelle, un brin trop sophistiquée, accède enfin au statut de vedette populaire, sans pour autant faire la moindre concession d’écriture ni d’interprétation. Parallèlement à sa carrière de chanteuse, elle joue au théâtre (Madame, pièce de Rémo Forlani), danse pour Maurice Béjart, et tient le principal rôle féminin dans Franz (1972), le premier film réalisé par Jacques Brel.

5. Mal de vivre et mal d’aimer

Barbara chante le mal de vivre et le mal d’aimer dans un registre tout en mélancolie ; les souvenirs amoureux (« Ma plus belle histoire d’amour »), la mort de son père (« Nantes »), l’attente de l’être aimé (« Pierre »), tout est suggéré en demi-teintes, et ses mélodies en mode mineur, douces et lancinantes, mais parfois aussi noires et crépusculaires, renforcent cette atmosphère automnale. Sur scène, sa longue silhouette noire, sa tendre complicité avec le public, son jeu pianistique langoureux ont chaque fois suscité une sorte de magie incantatoire, les jeux de lumières contribuant à souligner le caractère presque privé du spectacle.

6. Une grande vedette populaire

Son public se renouvelant avec le temps, une nouvelle génération de spectateurs lui fait un triomphe, à l’occasion de sa série de récitals à l’hippodrome de Pantin, en 1981 (qui rompt un silence de plusieurs années). Cette génération lui restera fidèle jusqu’à la fin, lui vouant un véritable culte et l’accompagnant aussi bien dans ses expériences artistiques nouvelles (la comédie musicale Lily Passion, au Zénith, en 1986, avec Gérard Depardieu) que dans ses engagements contre la misère et la solitude ou en faveur de la lutte contre le sida (« Sid’amour à mort », 1987) et des détenus.

Deux fois récompensée par les Victoires de la musique (1994 et 1997), Barbara sort son vingt-cinquième et dernier album en novembre 1996. Un an et quelques jours plus tard, elle meurt, victime d’une infection respiratoire foudroyante, alors que venait tout juste de sortir Femme piano, un double album de compilation de ce qu’elle estimait être ses quarante meilleures chansons. Ses mémoires, dont elle avait entrepris la rédaction au printemps 1997, ont été publiés, inachevés, en septembre 1998 sous le titre Il était un piano noir…

Sélection discographique :